Catherine Guillouard, présidente de la RATP, est l'invitée de Léa Salamé à 7h50.

Catherine Guillouard
Catherine Guillouard © AFP / Joel Saget

"Ce n’est pas une question de rentabilité mais de faisabilité." Pour le déconfinement et la reprise du trafic sur le réseau de transports parisien, "hyper dense", la présidente de la RATP, Catherine Guillouard, estime que le port du masque doit être rendu obligatoire. Selon elle, la distanciation sociale ne peut pas être mise en oeuvre dans les métros, trams et bus à Paris : "Si on doit appliquer la distanciation sociale, on ne produirait plus de deux millions de voyages par jour contre huit millions" lorsque le réseau passera à 70 % de sa capacité, au 11 mai.  

La présidente de la RATP estime d'ailleurs, comme la présidente de la région Île-de-France, que les agents de contrôle doivent pouvoir verbaliser pour "non port du masque" : "C’est une crise sanitaire très grave, il faut qu’il y ait des sanctions. Nous sommes prêts à y participer, il faut nous donner la base légale pour le faire." 

Par ailleurs, "il faut plaider pour le télétravail pendant encore un certain temps, se reporter sur les nouvelles mobilités et lisser les heures de pointes. C’est-à-dire que les employeurs doivent permettre à leurs salariés d’arriver à des heures différenciées au travail", estime Catherine Guillouard. "À Berlin, Séoul ou Hong Kong on applique les gestes barrière, on porte des masques, mais on ne fait pas de distanciation sociale dans les transports en commun."

70 % du réseau accessible le 11 mai

Dans la capitale, où 65 % des trajets pendulaires se font par les transports en commun, "nous travaillons étroitement avec tous les partenaires pour essayer d’avoir la meilleure conciliation entre les règles sanitaires, l’offre et les contraintes opérationnelles. Nous réfléchissons à rallumer 70% du réseau le 11 mai et 100% des lignes automatiques", détaille Catherine Guillouard. 

Aujourd’hui, il n’y a que 4 % de fréquentation sur le réseau, précise-t-elle. "De 12 millions de voyages, nous sommes passés à 500 000. Cela dit, il ya des endroits où il y a une fréquentation importante. Nous avons fait trois réajustements d’offre sur la Seine-Seine-Denis. 30 à 50% pour les bus, 30 à 60% pour les trams et lundi, la ligne 13 va passer de 30 à 50% d’offre." 

"Pour passer d’une entreprise de la taille de la RATP de 30 à 70% en ayant le scénario dans quelques jours et pour le 11 mai, c’est un exploit."

"Ce qu’il faut bien comprendre c’est que nous attendons encore, de la part du gouvernement, le cahier des charges sanitaire et organisationnel. Jean Castex rendra son scénario le 29 avril. (...) Mais nous mettons tout en état pour rouvrir 70 % du réseau.  Il faut noter que la RATP est aussi durement frappée par le Covid-19, une partie de l’effectif (8500 salariés) est en arrêt maladie ou en garde d’enfant", note-t-elle. Ce chiffre est monté jusqu'à 12 000 salariés.   

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