Pierre Haski, Président de Reporters Sans Frontières, apporte son soutien aux journalistes du quotidien turc Cumhuriyet, emprisonnés après le putsch raté du 15 juillet 2016.

Un an après le putsch manqué contre le président turc Erdoğan, le procès de 17 journalistes et collaborateurs du journal indépendant Cumhuriyet se déroule ce lundi. Pierre Haski le compare à "une farce". "C’est un procès emblématique de tout ce qui se passe en Turquie. Le journal a beaucoup embarrassé le président Erdoğan. La justice a été battue en brèche. On est devant des procès fabriqués", regrette le président de Reporters sans frontières. L’ONG sera présente au procès des journalistes ce lundi.

Le plus important c’est de montrer de la solidarité aux journalistes emprisonnés, qu’ils ne soient pas oubliés.

Pierre Haski ajoute : "La Turquie est une "démocrature". Une démocratie illibérale dans laquelle on garde les apparences du pluralisme mais avec la disparition des contre-pouvoirs, dont la presse."

Plus généralement, Pierre Haski déplore aussi que les pays occidentaux aient "tendance à penser qu’on peut se passer des journalistes". Interrogé par Pierre Weill, il cible le président français, qui risque de "contribuer à la délégitimation du journaliste, c'est une mauvaise nouvelle pour la démocratie".

Emmanuel Macron se rendra compte qu’il a un déficit d’explications

"La communication ne remplace pas l'information. Ça ne remplace pas de répondre à des questions légitimes que peuvent se poser les citoyens à travers les journalistes", explique Pierre Haski.

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