Claire Hédon, nouvelle Défenseure des droits qui vient de succéder à Jacques Toubon, est l'invitée de 7h50. Elle détaille son ambition pour ce poste, notamment sur la question de l'accès de tous à ses droits.

Elle a un profil différent de celui de Jacques Toubon, ancien ministre et issu du monde politique : Claire Hédon, elle, revendique de venir de la société civile et du milieu associatif. "En tant que présidente d'ATD Quart Monde, je sais que la pauvreté c'est pas simplement un manque de revenus financiers, c'est aussi un problème de non-accès aux droits. J'ai une réelle connaissance de ces difficultés qu'ont les personnes au quotidien pour accéder à leurs droits."

"C'est important de montrer pourquoi cette institution [le Défenseur des droits] est proche des gens", au-delà des grands rapports publiés, explique Claire Hédon. "La réalité du non-accès au droit, c'est une atteinte à notre démocratie. Si on a des droits et qu'on ne peut pas y accéder, c'est totalement décourageant ! Ça mine la cohésion sociale, et la confiance qu'on a dans les services publics."

Elle souhaite également un meilleur suivi de ce qui se passe (ou non) après la publication des rapports du Défenseur des droits. "Une des choses que je souhaiterais faire, c'est un suivi des avis, sur les deux dernières années : qu'est-ce qui a été suivi, qu'est-ce qui ne l'a pas été, et pourquoi. Tout ce travail doit être fait pour que ces recommandations soient appliquées." Elle souhaite également "qu'on traite toutes les réclamations", c'est "indispensable".

Claire Hédon cite également un exemple de problème d'accès au droit pendant le confinement. "Ce qui s'est passé avec les EHPAD : fermeture totale, on a empêché les proches de voir leurs personnes âgées : on le comprend en termes sanitaires, mais est-ce qu'on n'est pas allé trop loin ? Certaines sont mortes seules, sans leurs proches... Il y a une réflexion à mener sur la limite d'atteinte aux libertés quand il y a une crise comme celle-là."

Autre dossier sur lequel son prédécesseur était très actif, surtout ces deux dernières années : celui des violences policières. Claire Hédon commence par tempérer : "Il y a un vrai problème, chez certains, de violences. Je n'aime pas le terme général qui voudrait accuser l'ensemble de la police. Il y a tout un travail à faire de formation des forces de sécurité, de réflexion au sein de la police pour changer certaines pratiques."

  • Légende du visuel principal: Claire Hedon © AFP / LUDOVIC MARIN / AFP
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