Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, auteur de Les essentiels de la République (L'Observatoire), est l'invité de 7h50.

Comment se passe ce troisième confinement pour les centres Leclerc ? "C’est un bordel un peu mieux organisé, parce qu’on a compris qu’il y avait des motifs sanitaires mais aussi des motifs politiques, des rivalités corporatistes. Par exemple, sur les autotests : nos collègues allemands en vendent, nous n’avons pas le droit d’en vendre. Nous avons des fournisseurs, qui auraient besoin d’être agréés. Leclerc a été l’un des premiers à vendre des tests de grossesse à moins d’un euro, et on a eu les mêmes bagarres. Même pour les masques, les pharmaciens pensaient avoir l’exclusivité !"

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le patron de la grande distribution dénonce un certain corporatisme : "Au premier confinement, le syndicat des libraires ne voulait pas ouvrir. Au deuxième confinement, ils nous ont demandé de bâcher les livres. Et maintenant qu’ils ont le droit d’ouvrir, ils ne demandent pas l’ouverture des espaces culturels qui sont fermés dans les grands centres commerciaux. Les professionnels de ces corporations ne sont pas très carrés entre eux."

"Les Français ont été approvisionnés" pendant les confinements

"Dans le regard des élites, les commerçants sont des parasites", regrette Michel-Edouard Leclerc. "Nous ne sommes pas intéressants, sauf s’il s’agit de faire baisser les prix pour la rentrée des classes, ou pour donner un coup de main pour les débouchés agricoles. Mais la fonction commerciale, en France, n’est pas noble. Or les Français se sont rendus compte, qu’avec toutes les hésitations du gouvernement, que les gens de terrain (bouchers, caissières, transporteurs…) ont réussi à être à l’heure, ils n’ont pas profité de la possibilité de l’absentéisme : les Français ont été approvisionnés, ils ont eu à manger. Moi je suis un universitaire, en venant sur le carrelage, dans les magasins, j’ai découvert des gens qui avaient une réactivité, une soif d’agir."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il rejette aussi l'idée de la grande distribution qui aurait prospéré pendant que le petit commerce galère : "Le petit commerce alimentaire n’a jamais fermé, et les magasins qui ont fermé, comme les magasins de jouet, ne sont pas de petits commerçants mais des magasins franchisés de grandes chaînes. Dans nos enseignes, tout ce qui était non alimentaire et non essentiel était fermé, et l’année dernière ça a beaucoup ramé. En 2020, on est au même chiffre d’affaires qu’en 2019, moins 0,8 %. Nous avons perdu un demi-milliard de chiffre d’affaires dans le voyage, tout le secteur du tourisme est sinistré. On fait une année plate."

"On s’est vraiment démenés pour garder le chiffre d’affaires, mais la grande distribution française a dérouillé et une grande partie est au bord de la faillite, notamment la restauration."

Prime Covid : "Le politique essaie de s’en tirer à bon compte, mais derrière c’était très discriminant"

"La prime Covid, c’est compliqué parce que c’est éphémère", explique le président du comité stratégique des centres E.Leclerc. "Le politique essaie de s’en tirer à bon compte, mais derrière c’était très discriminant. Nous avons distribué la prime, mais nous préférons investir sur l’intéressement et la participation. On donne beaucoup plus d’argent de cette manière-là, dans une vision durable, avec un salarié attaché et rémunéré à la performance globale de l’entreprise."

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Sur le projet de reprise de Carrefour par un groupe canadien, il rappelle que "la distribution n’est pas délocalisable : Lidl est allemand en France, on aurait eu un Canadien en France ça n’aurait pas fait une grande différence."

"Pendant la période de Covid, on a fait n’importe quoi, on a mangé n’importe quoi, on a fait de l’accumulation", explique également Michel-Édouard Leclerc, qui a analysé les ventes de ses centres. "Maintenant qu’on a régulé notre manière de vivre, on a renoué avec la pratique plus vertueuse des états généraux de l’alimentation. La préoccupation sanitaire s'est ajoutée aux préoccupations “moins de sucre, moins de sel, etc.”. Il y a plus de bio, une demande d’étiquetage, de traçabilité…"

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

  • Légende du visuel principal: Michel-Edouard Leclerc © AFP / Fred TANNEAU / AFP
Les invités
L'équipe
Contact