Alain Juppé, maire de Bordeaux, était l'invité de France Inter ce mercredi. Il publie un "dictionnaire amoureux de Bordeaux" aux éditions Plon.

Alain Juppé
Alain Juppé © AFP / GEORGES GOBET / AFP

Alain Juppé, maire de Bordeaux depuis 1995, publie un "dictionnaire amoureux de Bordeaux". "J’aime ma ville, d’abord elle est belle, elle a toujours été mais on l’a fortement embellie, et puis je m’y sens bien, j’ai l’impression d’y être utile", dit-il, ne révélant pas encore s'il sera candidat à sa propre succession en 2020 : "Pour l'instant j’ai beaucoup de choses à faire dans ma ville, après les élections européennes j’annoncerai mes intentions". 

Rendant hommages aux maires, qui ont été notamment aux premières loges pendant les inondations dans l'Aude, il reconnait que "l'idée de ne pas se représenter est vieille comme le monde, et, au moment de sauter le pas, en réalité, on continue, parce qu'on aime ça".

Amateur d'ortolans (qu'il assure avoir arrêté de consommer depuis l'interdiction de la chasse de ce petit oiseau), il explique : "Je me suis collé, au fil des années, l’image de quelqu’un de froid, un peu insensible, c’est pas tout à fait moi". Adepte, comme Montaigne, de la modération, il explique que selon lui "la modération ce n’est pas la facilité : pour être modéré il faut beaucoup de courage". 

"Ma petite manie, c'est de relativiser les choses : la violence de la vie politique au début du XIXe était peut être aussi grande qu’aujourd’hui".

Le monde dans lequel nous vivons est riche de promesses extraordinaires

Ces richesses résident dans les réseaux sociaux notamment, dans la technologie plus globalement : "prenons la transformation numérique, c’st formidable, ça va nous donner des outils merveilleux pour notre santé par exemple". Il met néanmoins un bémol sur les réseaux sociaux : "C’est le pire et le meilleur ! C’est formidable parce que ça permet un dialogue permanent, et en même temps on y trouve tout, l’anonymat permet la bêtise".

Comment explique-t-il la montée des populismes en Europe ? "Nous ne battons pas suffisamment : nous sommes en défensive permanente. Il faut entreprendre une véritable action contre la coalition des casseurs d’Europe. Je suis pour la première fois vraiment inquiet pour l’avenir de l’Europe. C’est la première fois que le gouvernement américain considère l’Europe comme une ennemie (...) Et en même temps les peuples comprennent que si on se sépare les uns des autres on est réduits à une vassalité par rapport aux grandes puissances autour de nous".

Alain Juppé revient sur la question de la démocratie et des "fameux 3%" dans le cadre du refus du budget italien par l'Europe : "C’est la démocratie, puisque ça fait partie des règles qui ont été fixées". Les traités européens dictent aux Etats membres de rester sous la barre des 3 % de déficit public. Ils sont une condition d'entrée dans la zone euro mais servent également de cadre pour ces États afin que la monnaie soit stable. "Les 3% ça peut paraître contestable mais ça veut dire quoi ? _On ne peut pas additionner les déficits parce que quand on additionne les déficits on agrandit la dette_". Et même face à ce refus de l'Union Européenne, Alain Juppé reste optimiste : "Ce qui me parait intéressant c’est l’évolution dans le temps : pendant les élections le discours était très anti-européen. Aujourd’hui, Matteo Salvini dit qu’il n’est pas question de sortir de l’Europe ni de la zone euro."

Le maire de Bordeaux évoque également les Européennes qui lui semblent être un enjeu majeur pour l'avenir de l'Europe : "Je ne serai pas candidat. En revanche, je dirai ce que je pense sur le fond et je soutiendrai ceux qui défendent un projet européen". De cette même manière, il aborde les propositions européennes d'Emmanuel Macron, Président de la République, qui vont "dans la bonne direction".

Attaché à sa région et à ses sports, Alain Juppé revient, en fin d'interview sur la vente repoussée du club des Girondins, vendu à un fonds d’investissement américain de GACP : "J’ai reçu l’assurance du repreneur que la reprise se referait : le closing se fera au plus tard le 6 novembre. Si cette reprise ne se faisait pas, M6 resterait responsable devant Bordeaux des Girondins". Joseph DaGrosa deviendrait donc le futur patron du club. Il a récemment confirmé qu'il engagerait 80 millions d’euros dans le club, en plus de l’achat.

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