Ugo Bernalicis, député France Insoumise du Nord, et membre de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Benalla, est l'invité de Frédéric Métézeau à 7h50.

Au lendemain de la première prise de parole d'Emmanuel Macron sur l'affaire Benalla, le député France Insoumise du Nord Ugo Bernalicis, qui fait partie de la commission d'enquête parlementaire chargée de travailler sur cette affaire, voit les propos du chef de l'Etat comme "une provocation" : "Il dit "je suis le seul responsable" alors même qu’au regard de la Constitution il est dit irresponsable, il ne peut pas être inquiété. Il serait temps qu’il se prenne au mot et qu’il vienne s’expliquer devant les Français, ou au moins devnat la représentation nationale".

Le député rappelle que "nous demandons depuis plusieurs jours qu'Emmanuel Macron puisse être entendu devant notre commission d'enquête (...) C'est essentiel au moment où il dit qu'il est le seul responsable, on voit mal comment il pouvait se dédouaner de ses responsabilités".

Alors que le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, compare l'affaire Benalla au Watergate, Ugo Bernalicis estime qu'on "n'est pas arrivé au bout de cette enquête : c'est une affaire à tiroirs, on découvre de nouveaux éléments, de nouveaux noms, à chaque audition". Il fait notamment part de ses interrogations quant à la mise en examen de trois policiers soupçonnés d'avoir transmis des vidéos de surveillance le 19 juillet, "alors que tout est sur les réseaux sociaux : qu'est-ce qu'on va apprendre de plus sur ces vidéos ?

Ancien fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, Ugo Bernalicis dit ne pas croire à une "guerre des polices" dans cette affaire, même s'il admet qu'un "certain nombre de policiers ou de gendarmes ont pu être exaspérés par le comportement de monsieur Benalla qui est un agent privé. Peut-être qu'un certain nombre de fuites viennent de là". En revanche, il estime que le grand perdant de cette affaire, c'est le ministère de l'Intérieur : "Ca me fait mal de voir un ministre dire qu'il en apprend plus dans le journal que dans son propre ministère : on parle du ministre de l'Intérieur, qui a à son service la DGSI". 

La France Insoumise doit-elle, alors, dire merci à Alexandre Benalla pour avoir perturbé de la sorte la majorité ? Non, répond le député du Nord, car "c’est l’ordre républicain et l’Etat de droit qui sont en cause. Quand vous avez le président de la République qui dit qu’il est responsable, le message d’impunité qu’il envoie, dire qu’il est au-dessus de la mêlée, c’est dévastateur". "Si le Président peut se permettre de faire ce qu’il veut et de passer l’éponge par une belle formule, chacun peut faire ce qu’il veut dans ce pays ? Il faut remettre de l’ordre républicain dans cet état de droit, c’est pour cela qu’il y a des commissions d’enquête", ajoute-t-il. 

Les députés de son mouvement voteront-ils la motion de censure déposée par Les Républicains ? Probablement, répond Ugo Bernalicis : "Je ne vois pas pourquoi on ne la voterait pas. A partir du moment où il y a une situation grave, on doit dépasser les clivages politiques pour être ce que nous devons être : le pouvoir législatif qui vient contrôler l’exécutif. Depuis le début de cette affaire, les députés LREM n'arrivent pas à couper le cordon ombilical qui les relient à l’exécutif"

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