"Quatre millions de personnes souffrent terriblement" : c'est un cri du cœur que livre le médecin humanitaire Raphaël Pitti, à propos de la situation dans la province d'Idlib, en Syrie, secteur où il s'est rendu plus d'une vingtaine de fois depuis le début de la guerre.

Raphaël Pitti, médecin humanitaire, s'est rendu plus d'une vingtaine de fois en Syrie.
Raphaël Pitti, médecin humanitaire, s'est rendu plus d'une vingtaine de fois en Syrie. © Maxppp / Le Pictorium / Chris Huby

"C'est une situation terrifiante, des milliers d'habitants sont pris au piège et une catastrophe humanitaire est entrain de se dérouler sous nos yeux", annoncée depuis le mois d'avril, estime le médecin humanitaire Raphaël Pitti, à propos de la situation en Syrie et de la province d'Idlib, à son tour touchée par la guerre. 

"Depuis le mois d'avril, nous assistons à des bombardements systématiques sur des zones de vies, des structures hospitalières. La population subit également une attaque terrestre, dans la partie sud d'Idlib en particulier. 250 000 personnes sont sur les routes et tentent de fuir les combat", détaille Raphaël Pitti, effrayé par la situation qui s'apparente à un siège pour affamer les population et amener à une reddition des rebelles.  

"Je suis ébahi par le silence et l'absence de la France"

Le médecin en appelle au gouvernement et surtout au président français. "Je suis ébahi par le silence et l'absence de la France, encore une fois. Nous avons demandé à nos partenaires, Médecins sans frontières et Médecins du monde de demander à ce qu'Emmanuel Macron nous reçoive pour lui exprimer la situation et l'angoisse qui est la notre par rapport à cette population. J'espère que cette fois ci nous serons entendus. La dernière fois, il a préférer passer 9 heures au salon de l'Agriculture plutôt que de nous écouter", regrette Raphaël Pitti.   

Les ONG se désolent également que la zone en question, considérée un temps comme une "zone de désescalade de la violence" soit frappée par les bombardements. "Les convois humanitaires eux-même sont la cible des bombardements. L'aide humanitaire n'est plus du tout organisable, rajoutez à cela que la dernière résolution de l'ONU qui permettait l'aide humanitaire transfrontalière, les Russes et les Chinois ont refusé de la signer", déplore-t-il. "Toutes les structures fixes ont été détruites, les médecins travaillent dans des hôpitaux, des postes médicaux avancés sous-terrains. Mais la population se déplace, cela rend le travail très compliqué (...) Il y a énormément de blessés et il est très difficile de les prendre en charge", conclut Raphaël Pitti.

La campagne : Ici la Syrie, entendez-moi 

Pour venir en aide aux déplacés d'Idleb et leur apporter une aide médicale d'urgence, faites un don :  

http://icilasyrie.uossm.fr 

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