Benjamin Stora, historien de la guerre d'Algérie et président du Musée national de l'Histoire de l'immigration, est l'invité de Léa Salamé sur France Inter à 7h50.

Des dizaines de milliers d'Algériens sont descendus vendredi dans la rue, notamment à Alger où les manifestations sont strictement interdites, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, pour s'opposer au cinquième mandat que brigue le président Bouteflika, 81 ans et affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC.Benjamin Stora revient sur les manifestations : "C'est un tournant important, 800 000 personnes dans la rue, cela a même surpris l'opposition algérienne."

Benjamin Stora, historien de la guerre d'Algérie, rappelle ainsi : "Longtemps, Bouteflika a représenté la continuité par rapport à la guerre d'indépendance, et était le candidat de la paix civile"   

"En 1988, l'armée avait tiré sur les manifestants (...) Aujourd'hui l'armée est occupée à autre chose, l'Algérie a changé (...) À ma connaissance, l'armée n'a pas encore de candidat de rechange".

À propos de Rachid Nekkaz, opposant, candidat à la présidentielle, qui se dit "porté" par la jeunesse algérienne : "C'est un personnage sulfureux (...) mais il ne bénéficie d'aucun appui dans les partis politiques existants, c'est le candidat médiatique des réseaux sociaux."

Pourquoi le silence des autres nations avant ces élections ? "Parce que le président [français] est soumis à une équation impossible" estime l'historien, qui évoque l'un des points forts de l'Algérie : "Une armée stationnée sur la frontière saharienne et méditerranéenne."

"Une déstabilisation de l'Algérie ouvrirait la voix à une inconnue politique (...) Les élections européennes en serait affectée" analyse-t-il, rappellant : 

Il faut que l'Europe ait une vraie politique méditerranéenne

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Benjamin Stora © Radio France / Joel Saget
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