Le prix Louis Delluc récompense tous les ans, d'habitude en décembre, une œuvre cinématographique jugée comme étant le "meilleur film français sorti dans l'année". Pour 2020, année de pandémie, le président du Jury Gilles Jacob annonce son lauréat sur Inter : Sébastien Lifshitz, pour son documentaire "Adolescentes".

C'est une remise de prix peu ordinaire. D'ordinaire organisée au Fouquet's, sur les Champs-Élysées à Paris, surnommé "Goncourt du cinéma", le prix Louis-Delluc est cette année annoncé... à la radio, mesures barrières oblige. Et il est attribué à "Adolescentes" de Sébastien Lifshitz. Ce film documentaire dresse un portrait d'Emma et d'Anaïs, deux ados dont le réalisateur à suivi le parcours de leurs 13 ans jusqu’à leur majorité. 

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Cinq années de vie, chroniques d'une jeunesse et d'une amitié, concentrées en deux heures de film dont Gilles Jacob, président du jury du prix Louis-Delluc, salue "la justesse". "Sébastien Lifshitz a rassemblé à peu près huit heures de film pour en faire deux heures, il a montré la province française comme peu de gens l’ont montré, il rejoint Raymond Depardon ou Nicolas Philibert qui sont de grands documentaristes eux aussi."

Par ailleurs, le prix du premier film est attribué à "Josep", un film d'animation réalisé par Aurel qui raconte la vie du dessinateur et homme politique Josep Bartolí au temps de la guerre civile espagnole, puis de la seconde guerre mondiale et sa relation avec la peintre mexicaine Frida Kahlo.

"C'est compliqué d'envisager le futur"

"Extrêmement heureux" de recevoir ce "prix important dans le cinéma", Sébastien Lifshitz explique qu'il prend depuis la fin du tournage des nouvelles régulièrement de ses deux héroïnes et a une pensée pour la jeunesse. "En ce moment, être à la fac, c’est une souffrance, on sent qu’ils sont un peu paumés. Ça dure depuis un an maintenant et c’est compliqué d’envisager le futur, de se construire à un âge où tout est fragile, précaire. Je pense à elles avec ce prix, ça va leur faire un peu de baume au cœur. J’espère que ce sera comme une sorte de soutien, parce que ce n’est pas facile." 

"On parle beaucoup des gens âgés, mais la jeunesse aussi souffre énormément."

Alors que les cinémas sont toujours fermés, Gilles Jacob, également ancien président du Festival de Cannes, regrette que "les lieux de cultes restent ouverts" alors que les cinémas ont aussi "pris leurs dispositions pour des mesures barrières efficaces". "C’est la première fois dans l’Histoire de la République que le cinéma n’est pas écouté. C’est pareil pour le théâtre, les concerts, les musées."

Mais Sébastien Lifshitz se veut rassurant : "Je crois que les gens auront envie de se retrouver, de communier ensemble dans une salle. Souvent après un cataclysme, il  y a un désir de fête, de se rassembler, d’être ensemble. J’ai envie de tirer du positif." 

  • Légende du visuel principal: Extrait du film "Adolescentes" de Sébastien Lifshitz
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