Antoine de Romanet, évêque du diocèse aux armées est l'invité de Frédéric Métézeau à 7h50

Deux ans après la mort du père Hamel, Mgr Antoine de Romanet, évêque aux armées, voit-il un lien avec une autre victime du terrrorisme islamiste, celle d'Arnaud Beltrame, dont il a célébré les obsèques ? "Ça s’inscrit dans l’histoire de notre pays. Ce qui est frappant, c’est qu’à la suite de ces drames, personne n’a appelé à la haine ou à la vengeance. Le comportement des catholiques lors du décès du père Hamel a été très digne, et le comportement d’Arnaud Beltrame a été salué par tous". 

"L’unanimité des hommages qui lui ont été rendus manifeste ce qu’il y a de meilleur dans le cœur de l’homme".

Antoine de Romanet estime que les armées font figure d'exemple dans le dialogue inter-religieux. "Dans les armées, nous avons quatre aumôneries. Institutionnellement nous nous voyons fréquemment, les armées sont assez exemplaires comme lieu de dialogue inter-religieux". Et au-delà du côté institutionnel, "ce qui est central sur le terrain c’est la fraternité d’armes : je n’ai pas choisi celui qui est à mes côtés, je ne sais pas quelles sont ses convictions, mais nous mangeons ensemble, dormons ensemble, allons peut être mourir ensemble. La fraternité se vit dans les armées de manière exemplaire". 

Et chez les civils ? "Quand on parle de sa propre conviction, on a souvent l’impression d’être caricaturé. Le défi serait de pouvoir parler à l’autre de sa religion dans des mots dans lequel l’autre se retrouve. Cet intérêt se retrouve au collège des Bernardins par exemple où il y a de nombreuses conférences". 

"Connaitre l’autre, c’est aussi mieux se connaitre soi même"

La guerre et la foi religieuse ne sont-elles pas antinomiques ? "Il s’agit en permanence d’humaniser la guerre, d’humaniser toute réalité en venant manifester combien le corps, l’âme et l’esprit sont intimement liés l’un à l’autre. Qu’est-ce qui mérite de donner sa vie ? Est-ce qu’il y a des valeurs qui méritent d’engager sa vie et qui justifie de prendre la vie de l’autre ? Ça renvoie aux questions les plus fondamentales de l’existence", explique le prélat. 

Quelle position a-t-il sur la PMA, à laquelle le gouvernement s'est dit favorable ? "Le président de la République l’a manifesté lors de son intervention au collège des Bernardins : l’Eglise a pour rôle d’introduire un questionnement et une forme d’intranquillité sur un certain nombre de sujets décisifs tenant à ce qu’est l’homme en lui même. Ce qu'il faut se demander, c'est au nom de qui, au nom de quoi, je peux décider qu’un être humain sera privé de toute filiation paternelle ? On ne peut pas faire l’économie de cette question : au nom de l’évangile nous portons cette question." 

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Antoine de Romanet, évêque du diocèse aux armées © AFP / LAURENT FERRIERE / HANS LUCAS
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