Le géographe Christophe Guilluy, auteur de "No society - La fin de la classe moyenne occidentale", est l'invité de Léa Salamé.

Le géographe Christophe Guilluy souligne ce lundi, au micro de Léa Salamé, la violence des mouvements sociaux ces derniers temps. Alors que le week-end de mobilisation des "gilets jaunes" a été entaché par des incidents, Christophe Guilluy rappelle les casseurs du 1er-Mai et autres manifestations qui ont dégénéré.

Mais on aurait tort, estime le géographe, d'ostraciser ce mouvement qui va bien au-delà de la colère de quelques uns et est la partie visible d'un iceberg bien plus massif : celui du mal-être de toute une classe sociale, la classe populaire, qui peut très facilement basculer vers le chômage et la pauvreté.

Pour Christophe Guilluy, les manifestants du mouvement des gilets jaunes ne sont donc ni d'extrême-droite, ni d'extrême-gauche, ni des électeurs d'Emmanuel Macron qui sont fâchés, mais le tout à la fois. Car les classes populaires, rappelle-t-il, se sont depuis longtemps déjà éloignées du clivage politique de l'ancien monde pour se préoccuper d'un clivage beaucoup plus profond : celui des fractures entre les classes sociales.

Des fractures que l'on peut imputer à un modèle économique très inégalitaire, celui du capitalisme et de la mondialisation qui, certes, créé de la richesse, mais sans réduire les écarts entre classes populaires et premiers de cordée, pour reprendre l'expression consacrée par Emmanuel Macron.

Légende du visuel principal:
Christophe Guilluy © Philippe Matsas / Flammarion
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.