"Il n’est pas surprenant que les frontières soient fermées (...) la priorité est de refluer l’épidémie et donc il faut avancer pas à pas", a estimé Nathalie Loiseau, députée européenne, invitée de France Inter lundi matin, laissant toutefois la porte ouverte à un déblocage progressif des frontières.

"Il y a des raisons pour qu’on ne fasse pas la même chose partout, parce que l’Europe n’est pas un carcan et que les situations sont différentes d’un pays à l’autre", a estimé la députée européenne En Marche Nathalie Loiseau, invitée de France Inter lundi matin. "On ne fait pas tous la même chose mais c’est important que ce soit harmonisé. Il y a le souhait de re-démarrer, avec prudence, précaution et dans le dialogue pour permettre par exemple aux travailleurs frontaliers d’aller de part et d’autre de de la frontière franco-allemande." 

Pour l'instant, la fermeture des frontières ne surprend pas Nathalie Loiseau, "la priorité est de refluer l’épidémie et donc il faut avancer pas à pas", dit la députée. "Il faut réussir à rouvrir plus largement ces frontières sans provoquer une nouvelle vague d’épidémie." 

Application de traçage, la victoire des Gafa?

Concernant le déploiement d'une application de traçage numérique pour déconfiner les pays européens, Nathalie Loiseau craint qu’il y ait "dans certains pays la victoire des Gafa alors que l’on parle d’outils de santé publique". "Je lis ce que disent les épidémiologistes, j’entends les précautions du gouvernement français et je n’ai pas envie de confier à une entreprise privée non européenne le soin de participer à une politique de santé publique de mon pays."

"La Santé n’est pas une compétence européenne, c’est une compétence nationale", regrette Nathalie Loiseau. "On doit se demander si on a bien fait d’avoir des compétences si peu communautaires alors qu’on voit bien que c’est tous ensemble qu’on peut surmonter une telle crise." 

L'opposition en France est restée "politicienne" et "de posture"

L'ancienne ministre d'Édouard Philippe, ex-secrétaire d’État chargée des Affaires européennes, dénonce des oppositions "restées des oppositions politiciennes de posture" en France, notamment en prévision du vote du plan de déconfinement du gouvernement. 

"Qu’il y ait un débat démocratique me parait indispensable et sain. Mais certains, avant même d’avoir écouté le Premier ministre, ont expliqué qu’ils allaient voter contre. Tous les matins je me demande ce que je peux faire d’utile, certains se demande ce qu’ils vont faire pour faire parler d’eux. L’esprit trans-partisan européen a touché énormément de partis politiques à l'exception des partis politiques d’opposition français."

  • Légende du visuel principal: L'eurodéputée Nathalie Loiseau est l'invitée de France Inter © Radio France /
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