Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, est l'invité de France Inter ce vendredi, au lendemain de l'annonce des députés d'opposition de suspendre leur participation aux travaux de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla.

Eric Ciotti, député LR, fait partie des parlementaires qui ont claqué la porte, jeudi, de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Benalla. “On veut dénoncer une dérive grave : la dérive d’un pouvoir de plus en plus personnel, qui refuse toute forme de débat, qui s’oppose à tout ce qui pourrait contrarier une surpuissance présidentielle", explique-t-il pour justifier le dépôt d'une motion de censure, qui sera débattue mardi dans l'hémicycle. 

Le député des Alpes-Maritimes ne pense pas que la motion puisse être adoptée car "la majorité a la majorité, et par définition ce fait majoritaire domine". Mais, explique-t-il, "_nous voulons plus que symboliquement dire au gouvernement qu’il fait fausse route sur beaucoup de sujets"_, comme le hausse des prélèvements obligatoires et le chômage, "et de l’autre côté on a un président de la République extraordinairement arrogant qui a fait une espèce de bras d’honneur aux Français en disant “qu’ils viennent me chercher”"

Que reproche-t-il à cette commission d'enquête ? "Depuis le début, le groupe LREM, avec des ordres venus de l’Elysée, une présidente tétanisée par la crainte de la sanction macronienne, a refusé toute forme de transparence : elle a refusé d’entendre Alexis Kohler, Bruno Roger-Petit, etc". Face à cela, Eric Ciotti vante l'exemple du Sénat, où "il n'y a pas de majorité En Marche" et où les travaux se sont déroulés normalement, selon lui. "Ca ne fut pas le cas à l'Assemblée nationale, parce que la majorité l'a bridée".

Pour Eric Ciotti, l'affaire Benalla est au départ un fait individuel, mais celui-ci "devient un fait collectif et une affaire d’Etat, c’est que l’Elysée essaie de dissimuler. Si le Monde et Ariane Chemin ne sortent pas l’information, l’Elysée n’en parle pas. Et la sanction dont on nous a parlé est totalement fictive". Il affirme aussi qu'on "s’aperçoit alors qu’il nous avait dit qu’il n’occuperait plus de fonctions auprès du Président qu’il est là au 14 juillet, au transfert de Simone Veil au Panthéon, dans le bus des Bleus. On est au cœur d’une affaire extraordinairement grave".

Faudrait-il que la commission d'enquête entende Emmanuel Macron lui-même ? Ce n'est pas non plus ce que dit Eric Ciotti : "Au niveau des députés LR, nous sommes attachés à nos grands principes : _le Président ne peut pas venir devant une commission d’enquête parlementaire_. Nous n’avons jamais formulé cette demande. Mais d’autres auraient pu venir : monsieur Kohler, monsieur Roger-Petit (...). La question se pose d’une police parallèle à l’Elysée". 

La majorité peut soutenir Macron, elle n’est pas obligée de lui être complètement soumise. 

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