L'eurodéputé Jérôme Lavrilleux est l'invité de Léa Salamé à 7h50.

Quatre ans après ses aveux télévisés dans l'affaire Bygmalion, que devient l'ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ? Il est aujourd'hui député européen, et l'un des plus assidus : "Je fais le travail pour lequel j'ai été élu, c'est l'engagement que j'avais pris, il me reste un an de mandat, je le tiendrai jusqu'au bout."

"Les journalistes me reparlent tout le temps de ces aveux ; les gens n'ont pas oublié mais ils sont intelligents, ils savent faire la part des choses", précise-t-il.

Alors que le procès de l'affaire Bygmalion ne devrait pas avoir lieu avant fin 2019 ou mi-2020, parce que "la justice permet à chaque citoyen d'exercer ses droits et de faire des recours, il y a des trésors d'imagination pour des avocats qui connaissent bien le sujet", Jérôme Lavrilleux maintient ses propos sur la "radioactivité politique" de Nicolas Sarkozy. 

Il explique : "Je suis mis en examen uniquement pour complicité. S'il y a un complice c'est qu'il y a un auteur principal. J'ai regardé le nombre de personnes de l'entourage de Nicolas Sarkozy mises en examen, il y en a 30, 35 : si ça, ce n'est pas de la radioactivité !"

Nicolas Sarkozy ne porte pas chance aux gens qui se dévouent pour lui à un moment ou un autre de sa carrière.

Pour lui, Laurent Wauquiez, le président du parti Les Républicains, "fait du Pétain dans le texte, quand il dit que l'Europe s'est faite comme laboratoire de la mondialisation apatride". "Pour un agrégé d'Histoire, je suis très étonné que ça n'ait pas fait plus de remous", explique-t-il.

Quelle légitimité pour le président du parti de droite ? "Il a été élu avec 75 % des voix, mais dans un parti où il n'y a plus personne, face à deux petits candidats. Je reproche à Pécresse et à Bertrand de ne pas s'être présentés. Mais il vont attendre le coup d'après : que Wauquiez se plante aux européennes".

"Le problème, c'est qu'il suit une stratégie mortifère qui est de dire qu'il faut aller récupérer des électeurs qui seraient partis de la droite au FN. La dernière élection réelle que nous avons gagnée, c'est celle de 2007. A l'époque, Nicolas Sarkozy avait siphonné les voix du FN, mais aussi et celles de la gauche."

Emmanuel Macron est-il, pour Jérôme Lavrilleux comme pour Jean-François Copé, le meilleur président de droite qu'on ait pu avoir ?

Quand je vois les mesures que prend Macron, je me dis que, pour une fois, quelqu'un fait ce que la droite a promis dans tous les meetings électoraux sans jamais le mettre en œuvre.

L'eurodéputé espère-t-il être appelé par La République en marche pour les prochaines européennes ? "J'espère finir mon mandat et le faire le mieux possible, à chaque fois qu'on me pose une question j'y réponds le plus franchement possible."

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Jérôme Lavrilleux © Radio France / Benoît Collombat
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