Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est l'invité de 7h50.

Le Premier ministre Jean Castex a réuni les partenaires sociaux lundi à Matignon, à l'aune de la forte dégradation de la situation sanitaire, qui pourrait bousculer l'agenda social, notamment sur l'application de la sensible réforme de l'assurance chômage. Par ailleurs, le président Emmanuel Macron réunit ce mardi un Conseil de défense consacré au Covid-19, puis son Premier ministre Jean Castex recevra les forces politiques et les organisations patronales et syndicales, avant un deuxième conseil de défense également consacré à l'épidémie.

Pour Philippe Martinez, il faut faire passer la santé des salariés avant tout. "La santé, d’abord. Nous allons répéter qu’il y a besoin de mesures cohérentes bien perçues par les citoyens, il y a eu trop d’annonces contradictoires et de mesures floues, notamment sur le télétravail"  Que pense-t-il d'un reconfinement ? "Il faut écouter les médecins, il faut aussi rassurer les citoyens", répond le leader de la CGT.

Il faut selon lui, "retravailler le protocole sanitaire actuel, l’adapter aux entreprises, et aux différents secteurs", car rappelle-t-il, "plus de 60% des clusters sont dans les entreprises, dans les lycées et dans les universités. C’est là qu’il faut agir".

"L’argent est mal réparti, les petites entreprises ne sont pas traitées comme les grandes"

Il regrette que le Medef "ait refusé qu’on ait un accord national interprofessionnel sur le télétravail, c’était indispensable" et remarque que "Mr Macron n’a pas beaucoup incité à généraliser le télétravail". 

Par ailleurs, Philippe Martinez_,  _il faut des mesures plus fortes au niveau national et européen, car dit-il, "de l’argent il y en a" mais, poursuit-il, "l’argent est mal réparti, les petites entreprises ne sont pas traitées comme les grandes". Pour lui, le gouvernement est trop sur la notion d’industrie du futur, et pas sur la préservation d’emplois dans des industries qui ne sont pas vieilles et nécessitent des investissements.  "Nous souhaitons un plan de rupture accéléré, beaucoup d’entreprises avec quelques millions peuvent repartir, elles sont viables et protègent la planète, je pense au recyclage du papier par exemple." 

De surcroît, le  secrétaire général de la CGT dénonce le maintien de la réforme de l'assurance-chômage : : "La mesure symbolique, c’est l’assurance chômage. Alors que les privés d’emploi sont les plus vulnérables, le gouvernement veut bien reculer de 3 mois, mais ne dit pas qu’il faut abandonner la réforme". 

  • Légende du visuel principal: Philippe Martinez © AFP / Anne-Christine POUJOULAT / AFP
Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.