Danielle Gaudry, Gynécologue, est l'invitée de Frédéric Métézeau

Danielle Gaudry, Gynécologue – Obstétricienne est ancienne membre du bureau national du Planning familial .

La légalisation de la pilule contraceptive en France a été votée à l'Assemblée le 19 décembre 1967 au terme d'un processus lent et difficile. L'agence sanitaire Santé Publique France chiffre à 36,5% la proportion de femmes de 15 à 49 ans concernées par la contraception utilisant la pilule en 2016, contre 45% en 2010. Elle devance en France le stérilet, le préservatif et, loin derrière, l'implant.

Danielle Gaudry rappelle que la contraception était interdite avant 1967 pour défendre une natalité forte. Donc il a fallu l’imposer par la loi.  Depuis, dans les années 1980  le préservatif s'est imposé en raison du SIDA, puis en 2012 la crise des pilules de 3e et 4e génération a fait baisser l’utilisation de la pilule. 

Y a-t-il une critique « écolo » de la pilule, comme pour les vaccins ? 

Danielle Gaudry rappelle qu'on est dans une société où "l'on a peur de tout", que les procès contre les pilules ont abouti à des classements sans suite et que "la contraception parfaite, ça n’existe pas". 

Chaque pays a ses spécificités. En France 8 femmes sur 10 utilisent la pilule ou le stérilet. La contraception définitive est très répandue chez les Anglo-saxons et le préservatif est très commun au Japon. 

Danielle Gaudry : "La contraception définitive était considérée chez nous comme une mutilation. Depuis 2001 on en parle de plus en plus, les femmes le demandent et elles trouvent peu de praticiens qui la pratiquent. Pour les hommes c’est encore plus difficile". 

Pénurie de gynécologues en France

Le développement des déserts médicaux concernent toutes les spécialités. 

Danielle Gaudry : "Les gynécologues obstrétriciens sont peu nombreux et restent souvent à l’hopital, avec des hyper spécialisations. Donc peu de médecins spécialistes suivent les femmes. Mais la contraception peut être prescrite par les sages femmes et les médecins généralistes." 

Le problème de la formation des généralistes reste posée mais "les femmes ne doivent pas oublier cette piste".

► TOUT SAVOIR SUR LA CONTRACEPTION | Un numéro de téléphone : 0800 08 11 11

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Malette de démonstration à l'usage des gynécologues contenant différents contraceptifs féminins. © AFP / DIDIER PALLAGES
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