Rédacteur en chef de la revue en ligne Mer et Marine, il évoque la situation des chantiers STX de Saint-Nazaire.

La décision française sur STX est "incompréhensible" pour le gouvernement italien.
La décision française sur STX est "incompréhensible" pour le gouvernement italien. © AFP / CITIZENSIDE / Caroline PAUX / Citizenside

Instant pédagogie avec Vincent Groizeleau, spécialiste du dossier STX. Si l’Etat a annoncé la nationalisation des chantiers navals de STX, ce jeudi, il tient à rappeler que le groupe public italien Fincantieri a essayé de racheter Saint-Nazaire à quatre reprises. "C’est son concurrent historique, explique-t-il. Les Italiens ont besoin de ce chantier qui est le plus grand d’Europe en termes d’infrastructures." Le rédacteur en chef de "Mer et Marine" rappelle ainsi qu’avec le gigantisme des navires de croisières, les Italiens ont loupé quelques contrats parce que leurs cales ne sont pas assez grandes.

L’offre des Fincantieri est un insolent coup du hasard

Fin 2016, contre toute attente, le groupe néerlandais Damen – qui avait l’aval du gouvernement français – n’a pas déposé d’offre. Dès lors, explique Vincent Groizeleau, "Fincantieri s’est contenté de déposer une offre minimale. Il se retrouve en position, conduisant l’Etat à préempter pour reprendre la main sur ce dossier."

Il y a des garanties que les Italiens ne peuvent pas donner

Ce rachat d'à peine 80 millions euros était presque bon marché pour le groupe italien. L’Etat français refuse aujourd’hui son offre qui n’apporte pas assez de garanties. Logique, selon Vincent Groizeleau : "le jour où il n’y aura plus assez pour donner à manger à tous les chantiers, les 8 italiens et Saint-Nazaire, ce groupe public italien pourrait privilégier ses propres sites". Le dossier, pourtant, n’est pas clos. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, se rendra à Rome mardi 1er août pour négocier encore avec Fincantieri. "La solution sera peut-être un mariage à trois en mêlant le civil, le militaire et un futur grand airbus naval européen." Les Allemands, des Espagnols ou des Scandinaves pourraient s’y agglomérer.

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