Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle et ouvrier chez Ford est l'invité d'Alexandra Bensaid.

Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle 2017 et ouvrier chez Ford
Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle 2017 et ouvrier chez Ford © AFP / Joël Saget

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle et ouvrier chez Ford est l'invité d'Alexandra Bensaid. Comment, selon lui, expliquer que le vote ouvrier s'oriente plutôt vers l'abstention ou l'extrême droite ? "Ce doit être le reflet d'une situation sociale difficile pour nous, il y a beaucoup de résignation, de sentiment d'impuissance, et il y a aujourd'hui beaucoup moins de conscience collective, de conscience de classe", explique-t-il.

"Il faut arrêter de subir, il y a des batailles à mener", affirme Philippe Poutou, "et on voit bien qu'on est aujourd'hui à contre-courant dans pas mal de sujets", tout en se disant "sans complexe : on représente la population, on a envie de dire merde, qu'il faut que ça bouge, comme en Guyane où des populations se mettent en colère, pour nous c'est un point d'appui".

"Des libéraux, il y en a plus de deux"

Avec la présence de Nathalie Arthaud également dans la compétition, à quoi ça sert, deux candidats sur la même ligne politique ? "Des libéraux, il y en a plus de deux", déclare Philippe Poutou. Mais "c'est le reflet de notre camp social qui est archi-divisé", reconnait-il.

"Il y a deux candidats du côté des salariés, ce n'est pas de trop quand on représente des millions de gens".

Et avec Jean-Luc Mélenchon ? "Il y a de vrais points de convergence, et de vrais points de séparation", explique Philippe Poutou. "Nous ce qu'on dit c'est qu'il faut qu'on se batte nous mêmes, et surtout il y a chez nous l'idée d'une confrontation avec le système capitaliste, qu'il faut exproprier et réquisitionner", ajoute-t-il.

"Un président, même costaud, même sincère comme Mélenchon, ne changera pas les choses car les choses se discutent du côté de qui possède l'économie", explique le candidat du NPA, qui ajoute qu'il "y a chez Mélenchon un protectionnisme sur lequel on ne se retrouve pas, nous on est internationalistes".

Interdire les licenciements

Philippe Poutou, qui propose d'interdire les licenciements, veut-il aussi interdire les robots ? "Quand on discute d'interdire les licenciements ça paraît tout de suite utopique ou irréaliste, mais aujourd'hui il y a des milliards de profits et de dividendes aux actionnaires, et ça, ça paraît normal", se défend le candidat. "Les robots ne menacent rien, c'est le capitalisme qui menace. Le problème, c'est comment le progrès technique profite à tout le monde. Il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui les gains de productivité profitent uniquement aux capitalistes".

"Il faut enlever des moyens de nuire au capitalisme, et ça passe par des lois de protection des salariés"

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