Delphine Horvilleur est l'invitée de Léa Salamé à 7h50.

Delphine Horvilleur, rabbin du Mouvement juif libéral de France, regrette que l'on s'attarde trop sur Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. "On n'arrête pas de parler de cette polémique d’exfiltration et je le regrette."

Elle évoque la marche de ce mercredi comme un moment grave, "l’événement, c’est qu’on a pu tuer une femme de 85 ans parce qu’elle était juive comme on a tué des femmes, des hommes et des enfants ces dernières années en France", souligne-t-elle. 

Elle ajoute au sujet de cette marche, qu'elle aurait préféré que certains se fassent plus discret au sujet du FN et de la France insoumise, dont les dirigeants sont venus en tête de cortège. 

Au sujet du président du Crif, Delphine Horvilleur affirme qu'il mène des combats tout au long de l’année "mais la marche d’hier n’était peut-être pas le moment de ces combats."

Pour elle, Daniel Knoll, fils de Mireille Knoll  a incarné la dignité au cours de cette journée : "c’était un moment attendu, émouvant".

Ce moment, où selon elle, les juifs de France ont été "renvoyés à une solitude qu’on a vécue", au moment des meurtres antisémites qui ont eu lieu entre 2006 et 2018.

"Les juifs de France ont été seuls lors de la mort d’Ilan Halimi et des victimes de Mohamed Merah. Il y a eu une forme de déni. Beaucoup de gens n’ont pas voulu voir... On a une responsabilité collective."

Elle regrette que l'on évoque sans cesse le conflit israélo-arabe qui selon elle masque une réalité plus complexe. "Ce n’est pas une communauté contre une autre".  

La haine des juifs qui traverse notre société reste à combattre. "On reproche aux juifs tout et son contraire, c’est une constante de l’Histoire. On accuse les juifs d’avoir plus que les autres. Aujourd’hui, c’est en France qu’on assassine des gens parce qu’ils sont juifs."

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