Sarah Gysler, auteur de Petite aux éditions des Equateurs est l'invitée de 7h50 de Frédéric Métézeau

A 24 ans, Sarah Gysler est une jeune femme qui parcourt le monde sans argent, et s'est fait connaître sous le nom de "l'aventurière fauchée". Alors qu'elle sort un livre, "Petite", elle raconte les raisons qui l'ont poussée à partir : "Je suis née dans cette époque qui n’a plus beaucoup de sens, _où j’avais le sentiment que le monde est déshumanisé et où tout tourne autour du pognon_. J’ai cherché un sens pendant plusieurs années, et je l’ai trouvé sur la route par hasard”.

Contre les stéréotypes

J’ai essayé les études, plusieurs métiers, l’école a été une catastrophe, je pensais que j’étais folle, que je n’avais pas ma place dans cette société. Il n’y en a pas dans cette société-là, il fallait m’en créer une autre" explique-t-elle. 

Les premiers chapitres de son livre témoignent d'une grande colère : "Ces voyages m’ont ouvert à d’autres choses, ça m’a évité de m’enfermer dans cette colère", raconte-t-elle, disant avoir découvert que le monde ne correspondait pas, selon elle, aux points négatifs et aux stéréotypes qu'elle avait jusqu'alors

"Ça m'a permis de réaliser que le monde n'est pas si terrible". 

"On nous dit que les gens sont méchants, que le monde est dangereux, qu’on me veut du mal constamment parce que je suis une femme, qu’on ne doit pas parler aux inconnus alors qu’il faut parler aux inconnus”, explique-t-elle, tout en reconnaissant avoir eu de la chance de ne jamais être en danger : "Il y a des agressions et il faut en parler, mais il y a aussi des rencontres très belles ; en général quand je rencontre un homme et que je suis seule c'est lui qui est mal à l'aise, qui s'excuse presque d'être un homme".

Le fait de vivre sans argent et de dépendre des autres est, pour elle, un gage de liberté : "Si je commençais à avoir de l’argent et à réserver des hôtels ce ne serait pas pareil. L’idée c’est de se laisser prendre par un flot et de voir ce qu’il se passe".

Même si elle s'est fait connaitre par un blog, elle n'est que peu présente sur les réseaux sociaux et n'a pas de smartphone : "Il y a une différence entre raconter les choses dans un livre et tout photographier, tout montrer : je ne fais pas des choses pour les photographier et montrer une certaine image de moi", dit-elle. "Je voulais parler à ma génération, lui dire qu'on peut, et qu'on doit, vouloir autre chose". 

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