Christophe Girard, conseiller de Paris, ancien adjoint à la Culture auprès de la maire de Paris, Anne Hidalgo, est l'invité de 7h50.

Christophe Girard, conseiller de Paris, ancien adjoint à la Culture auprès de la maire de Paris, Anne Hidalgo
Christophe Girard, conseiller de Paris, ancien adjoint à la Culture auprès de la maire de Paris, Anne Hidalgo © AFP / Lionel BONAVENTURE / AFP

"Je n'ai pas démissionné sous la pression. Etant un bon connaisseur de la Cancel Culture, j'ai pensé que mon devoir était l'intérêt supérieur, le collectif" explique l'ex-adjoint à la culture de la maire de Paris. 

"J'ai fait le choix que ce serait très compliqué et invivable, étant un bon connaisseur des États-Unis et du mouvement que l'on appelle cancel culture (...) la mise au pilori, la lapidation des personnes publiques et du monde de la culture"

Christophe Girard avait été entendu en mars, notamment en qualité d'ancien secrétaire général de la Maison Yves-Saint Laurent entre 1986 et 1987, structure qui a apporté un soutien financier à l'écrivain mise en cause pour des faits de pédophilie, avérés par la publication, en janvier 2020 du livre de Vanessa Springora "Le consentement". Aujourd'hui il s'explique sur ce rôle : "Pierre Bergé n'est plus là pour répondre, c'est plus simple de s'en prendre aujourd'hui au lampiste que je suis".

Mis sous pression par les écologistes, Christophe Girard, qui avait nié toute proximité avec Gabriel Matzneff, a démissionné la semaine dernière de son poste d'adjoint à la Culture, juste après la découverte de ces factures. Il avait dénoncé "un climat délétère général". Par ailleurs, selon le site Mediapart, la Ville de Paris a découvert la semaine passée trois notes de frais engagées par l'ancien élu Christophe Girard pour des repas avec l'écrivain, des factures de restaurant datant de 2019, 2017 et 2016.

La première a été transmise au parquet de Paris qui a ouvert une enquête pour "viols sur mineurs" visant Gabriel Matzneff. 

"Quand vous voyez écrit sur une banderole "l'adjoint à la culture du viol, c'est d'une violence inouïe (...) Qui peut imaginer un instant que le père de famille que je suis aurait une quelconque indulgence pour la pédophilie?"

"Quand on est adjoint à la culture à la ville de Paris, on a comme rôle de rencontrer les artistes sans leur demander leur casier judiciaire. Imaginons que soient vivants Gauguin Rimbaud, le Caravage, Michel Ange, malgré les crimes qu'ils ont commis, qu'on a découvert plus tard, je les rencontrerais."

"Caractère manipulateur avéré"

"C'est la maman qui a mis sa fille de 14 ans dans ses bras. Je ne vois pas en quoi j'aurais une responsabilité quelconque dans la défaillance de parents vis-à-vis de leur fille" estime l'ex-adjoint à la Culture de la ville de Paris qui avoue regretter de ne pas s'être "suffisamment intéressé à l'oeuvre de Matzneff" et reconnait que "l'époque dans laquelle on a vécu était une époque d'indulgence" : "Lorsque j'ai lu le livre de Vanessa Springora, j'ai compris qu'il y avait un caractère manipulateur avéré". 

"La présomption d'innocence est absolument vitale dans notre démocratie. Si la justice, c'est les réseaux sociaux, nous irons dans une forme de pays de la Terreur"

"Je soutiens le combat des femmes"

Christophe Girard n'attend pas les excuses d'Alice Coffin, l'élue EELV de la mairie de Paris qui a organisé la manifestation pour sa démission sous les fenêtres de la mairie. Il se dit "défenseur de la cause féminine", et demande "une loi pour la transparence des réseaux sociaux et de Wikipédia, la présomption d'innocence est absolument vitale".

"Tout ça c'est un montage politique pour affaiblir la maire de Paris et m'effacer, puisque c'est la nouvelle culture aujourd'hui" explique Christophe Girard, faisant ici référence à la "Cancel Culture" : 

"Je suis un premier fusible, il y en aura d'autres"

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  • Christophe GirardAdjoint au Maire de Paris, chargé de la Culture, ancien maire du 4ème arrondissement de Paris
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