Marc Fesneau, ministre délégué, chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne, est l'invité de 7h50.

"Il me semble que le Premier ministre a été assez clair, et les parlementaires l’ont dit", assure Marc Fesneau. "Un texte a été voté la semaine dernière, manifestement il reste un certain nombre d'ambiguïtés sur cet article 24, qui visait à faire en sorte que les policiers ne puissent pas être menacés d’un point de vue personnel. Ceci dit, est venu un doute sur l’objectif réel. On a un travail à faire avec les parlementaires, pour voir si une réécriture serait meilleure : ça se fait dans la navette et dans le dialogue avec les parlementaires."

"Quand il y a un problème, la question n’est pas de retirer ou non. Là, on a un double problème : un problème de lecture de l’article, et un autre des violences à l’endroit des forces de l’ordre."

"Il y a une volonté des parlementaires,  et c’est bien naturel, d’être au cœur du processus législatif", estime le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement. "Les parlementaires votent la loi, il faut bien qu’ils soient dans leurs prérogatives. Ça n’empêche pas le gouvernement, au travers de personnalités qualifiées ou d’une commission, de demander un éclairage supplémentaire. C’est dans ce cadre-là que s’inscrit cette commission, pas de priver les parlementaires de leurs prérogatives, ce qui serait inconstitutionnel."

"Cette commission va exister et travailler globalement sur la question du droit à l’information et du droit des policiers à travailler dans des conditions de sûreté pour eux."

Marc Fesneau rappelle également qu'il "y a des parlementaires de la majorité, du groupe LR, du groupe Agir, qui ont voté ce texte. Par souci de cohérence, il faut qu’on puisse en discuter tranquillement. Qu’il y ait un sujet, des interrogations, c’est normal."

"J’entends toutes les controverses, mais il y a des faits qui sont avérés à l'endroit des forces de l’ordre, de personnes détentrices de l’autorité publique. Il faut résoudre ce problème : j’ai pas besoin de vous rappeler l’affaire Mila, où là encore une personne est menacée parce qu’elle a exprimé quelque chose. N’évitons pas les débats, mais n’évitons pas les sujets non plus."

"Je crois qu’on est dans un moment compliqué en termes de libertés publiques"

Sur les violences policières et la mise en examen de quatre policiers pour avoir passé à tabac un homme devant des caméras de sécurité, il estime que le terme de "déconner" employé par le ministre de l'Intérieur était trop faible. "Que dit la justice ? Que manifestement ils ont enfreint la loi. Ce sont les faits et je m’en tiens à ça. Il faut laisser faire la justice. Chacun emploie les termes qu’il veut mais ce sont des faits qui sont graves."

Gérald Darmanin est-il le principal problème au gouvernement ? Pour le ministre délégué, "ce n’est pas une question de personnes, je crois qu’on est dans un moment compliqué en termes de libertés publiques. La crise sanitaire a exigé des mesures qui freinent les libertés publiques. On voit bien que c’est un moment de tension entre l’exigence de libertés publiques, et l’exigence dans des situations particulières de les restreindre."

Quid d'un retour sur la table de la réforme des retraites, prioritaire selon Bruno Le Maire ? "La priorité absolue du gouvernement c’est de régler la crise sanitaire, on a des sujets vaccinaux qui arrivent, le fait que des gens s’enfoncent dans la précarité du fait de cette crise… La réforme des retraites visait à avoir plus de justice, l’angler sur la question budgétaire ne me semble pas être la question à ce stade. "

  • Légende du visuel principal: Marc Fesneau © AFP / Xosé Bouzas / Hans Lucas
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  • Marc FesneauMinistre chargé des relations avec le Parlement
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