Le Canard Enchaîné, c'est 100 ans d'articles et de dessins, le "roman du Canard" sort au Seuil .Le rédacteur en chef du journal satirique est l'invité d'Alexandra Bensaid.

Exemplaires du Canard Enchaîné sur une rotative, 2003
Exemplaires du Canard Enchaîné sur une rotative, 2003 © AFP / Jean Ayissi

Le Canard enchaîné, c'est 100 ans d'articles et de dessins, le "roman du Canard" sort au Seuil. Le rédacteur en chef du journal satirique est l'invité d'Alexandra Bensaid ce lundi. "Au Canard en ce moment, on ne manque pas de matière, et ça va aller de mieux en mieux", assure-t-il.

Pas de pressions économiques

Le journal subit-il des pressions ? "Non, parce que les pressions, elles sont moins politiques qu'économiques aujourd'hui. Et comme le Canard est indépendant, on n'a ni pression d'annonceur ni d'actionnaire".

"L'indépendance est un luxe qu'on mesure chaque jour"

Comment trouver des informations que les autres n'ont pas, aujourd'hui, quand les politiques communiquent de plus en plus eux-mêmes, à l'instar de François Hollande ? "Cela nous donne un peu de tort, mais pour ce qui est du président de la République, je crois qu'il s'en est surtout fait à lui même !" s'amuse Erik Emptaz. "Son surnom de Petit rédacteur en chef du Canard était un peu exagéré : il nous a donné des infos, mais ni plus ni moins que d'autres hommes politiques".

Toujours les mêmes ressorts

Mais alors, d'où viennent les infos ? "Elles viennent toujours plus du camp de la victime. Quant à vous dire de qui elles viennent précisément... Si on existe depuis 100 ans, c'est parce que justement on ne l'a jamais dit", assure Erik Emptaz. "Ce qui est important, c'est de savoir si les faits que nous relatons sont vrais, après si quelqu'un utilise le journal pour faire passer une info, c'est secondaire".

La politique française a-t-elle changé, en 100 ans d'existence du Canard ? "Sur la forme oui, mais sur le fond, ce sont toujours des histoires d'argent, de corruption, de querelles de pouvoir. C'est comme l'amour, les ressorts sont toujours les mêmes mais on ne s'en lasse pas !", raconte Erik Emptaz.

"On devrait être la norme et on est l'exception"

Alors qu'à iTELE commence le 15e jour de grève, Erik Emptaz estime que "c'est l'exemple d'un actionnaire qui adopte des méthodes brutales qui sont celles des gens dont le coeur de métier n'est pas le journalisme. Bolloré, c'est je fais ce que je veux et si vous n'êtes pas contents vous vous tirez en courant".

"On sait toujours que le jour où l'actionnaire est concerné, il intervient, c'est humain et c'est normal", reconnaît Erik Emptaz, qui affirme que le modèle économique du Canard Enchaîne, qui se vend à 400.000 exemplaires par semaine sans pub, "devrait être la norme et c'est l'exception aujourd'hui". Quant au web, "le Canard y ira quand on sera obligés de le faire. Ca arrivera un jour ou l'autre".

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.