L'actrice Mélanie Laurent est l'invitée de Léa Salamé. Elle réalise "Le Bal Des Folles", sortie sur Amazon Prime le 17 septembre.

Elle raconte comment elle a eu l'idée de ce film sur les femmes internées à la Pitié-Salpêtrière au XIXe siècle. "Je crois beaucoup au timing et aux petits miracles de la vie : je venais d’avoir une petite fille, je me posais beaucoup de questions, j’avais envie de faire un film non pas féministe mais fait de portraits de femmes. J’étais partie pour faire un film sur les sorcières au Moyen-Âge, et mon producteur m’a apporté ce livre. Le premier choc que j’ai eu c’était de voir cette histoire au XIXe siècle de femmes qui savent, qui pourraient faire avancer une société, qui pourraient l’emmener ailleurs, qui ont un accès au savoir détourné, et on les enferme. Je me suis rendu compte avec effroi que ces femmes finissaient brûlées ou folles ou internées."

"Ce qui m’a bouleversée et choquée, c’était de voir les diagnostics de Charcot [le professeur dirigeant la Pitié-Salpêtrière à l’époque], et de voir que très peu étaient folles", raconte Mélanie Laurent. "Beaucoup étaient “mélancoliques”, donc elles allaient en hydrothérapie ; j’ai lu des histoires de femmes violées qui arrivaient traumatisées… On s’est concentré sur l’envie d’un résultat, l’envie de faire avancer la science, et d’ailleurs Charcot a laissé des traces importantes en neurologie, c’était pas un charlatan. C’était une des premières stars médecins en France."

"Je suis partie avec 30 figurantes extraordinaires, qui ont été traitées comme des stars"

Parmi son casting, il y a aussi des femmes ayant un handicap, qui ont beaucoup apporté au film. "J’ai reçu des vidéos de 50 femmes qui me disaient : j’ai pas de jambes, pas de bras, j’ai une scoliose, je tremble quand je veux prendre quelque chose, j’ai une trisomie… Et elles me disaient toutes avec un immense sourire : “moi je me trouve super belle, je me trouve super”. Je suis partie avec 30 figurantes extraordinaires, qui ont été traitées comme des stars ! Elles ont apporté beaucoup de douceur, beaucoup de respect sur le plateau. Je ne suis pas allé voler des instants de vie, mais on a travaillé sur des détails, des regards. Quand on s’est dit au revoir sur le plateau, ça a été un déchirement."

"Je crois beaucoup en la sororité, la douceur qu’on peut avoir entre femmes et le pouvoir qu’on peut avoir entre nous", explique la réalisatrice. "Qu’on soit mère ou qu’on ne le soit pas, il y a quelque chose de très maternant. Le film voulait parler de cette prison de femmes où tout à coup, elles ont besoin de se protéger les unes les autres."

  • Légende du visuel principal: Mélanie Laurent © AFP / John MACDOUGALL
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