Louis Aliot, maire RN de Perpignan (Pyrénées-Orientales), est l'invité de 7h50.

Louis Aliot
Louis Aliot © AFP / IDHIR BAHA / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Comment explique-t-il l'abstention record lors des deux tours de ces régionales et départementales ? "On peut dire que nos électeurs, les mêmes qui s’étaient déplacés d’une manière significative en 2015, ne sont pas allés voter à cette élection. Ça concerne tout le monde, mais plus particulièrement le RN. Moi, je vais regarder attentivement les motivations [de cette abstention] et en fonction de ça, comment l’appareil peut se remodeler pour aller chercher les électeurs qui ne veulent plus voter."

"Deux Français sur trois, et même un peu plus, ne sont pas allés voter"

"On a bien vu sur le terrain qu’il y avait une déconnexion complète entre des élections locales et les élections majeures comme la présidentielle et les législatives, sur lesquelles les Français parlent déjà", assure Louis Aliot. "Il faut bien faire la différence entre les deux. Localement, les mêmes ont été remis en selle, donc on ne changera pas de politique. Mais l’enjeu n’est pas là : l’enjeu, c’est que deux Français sur trois, et même un peu plus, ne sont pas allés voter, et ça c’est inquiétant, pas seulement pour nous. Je veux bien qu’on tresse des lauriers à M. Muselier, mais il a été réélu président d’une région avec 30 % des voix, et il faut s’interroger sur la réalité de la contestation."

Il a aussi été élu avec l'aide de voix de gauche : "Dans les fronts républicains, il y a toujours une petite partie des gens de gauche qui vont voter aveuglément pour le candidat de droite. Mais je pense que les gens qui sont restés à la maison sont le terreau de cette victoire-là. Il y a des raisons à cela, et il faut s’interroger sérieusement sur ces raisons. Certains électeurs pensent que la démocratie ne sert à rien, alors pourquoi se déplacer ? C’est sur ça qu’il faut travailler, cet immobilisme qu’il faut regarder de près."

"Je ne vous dis pas “circulez, il n’y a rien à voir”, je vous dis qu’il faut tout regarder, discuter, proposer. Je pense qu’on nous attend sur un projet d’avenir, et pas sur la dénonciation de tout ce qui se passe. C’est en fonction de ce projet que nous saurons mobiliser les électeurs. Il faut savoir prendre sa part de responsabilité, moi je n’ai aucun problème avec ça."

"Il faut progresser vers la normalisation du mouvement"

Que pense-t-il de ceux qui, au sein du RN, regrettent une normalisation qui a selon eux "dilué" les idées du parti ? "Quelqu’un comme Gilbert Collard est venu précisément parce qu’on allait vers une normalisation : si maintenant il s’extrémise, c’est son problème ! Moi je suis d’accord avec Robert Ménard : il faut encore progresser vers la normalisation du mouvement : les idées sont les mêmes ! Si c’est pour être radicaux, et rester toujours dans un corner, que certains prennent cette place : s’ils veulent s’extrémiser, qu’ils créent leur parti et on verra la suite."

Pense-t-il notamment à une hypothétique candidature Éric Zemmour ? "Je le connais depuis longtemps, je pense qu’il ne couvre pas le spectre du vote national, il est sur une petite niche électorale, qui est ultra-minoritaire en France. Il est dans son rôle, c’est un polémiste, il agite des idées et ça crée le débat. Je l’écoute avec plaisir quelquefois, il a un public, heureusement qu’en démocratie il y a des idées qui ne sont pas les mêmes."

Qu'attend-il du duel annoncé entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ? "Le problème se pose beaucoup plus pour ceux qui sont au pouvoir que pour nous : M. Macron, son gouvernement et ses soutiens ont un problème, ils sont en poste depuis 5 ans avec les résultats que l’on connait. Ça ne va pas être facile de développer pour les années qui viennent une autre politique que celle qu’ils ont faite jusqu’à maintenant !"

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