Dominique Costagliola, épidémiologiste, directrice de recherches à l'INSERM, est l'invitée de 7h50.

"On a une croissance extrêmement rapide des cas, favorisée par le relâchement des mesures du 30 juin", explique la scientifique : "Ce qui m'inquiète - et je suis pour le pass sanitaire - c'est la praticabilité de ces mesures. Elles ne vont avoir un impact que vers la mi-aout, et entre temps, l'épidémie croit très très vite, donc j'ai très peur de la situation fin aout pour aborder la rentrée". 

Avec un virus aussi transmissible, il faudrait des taux de couverture vaccinale à 85 , 90%: on en est loin

"Malgré l'incitation, on a encore des personnes très a risques pas vaccinés, c'est elles qui vont payer le prix de cette reprise", estime encore ​​Dominique Costagliola

"On doit avoir 43- 44% de gens complètement vaccinés, avec des situations très disparates, et il y a une situation très angoissante dans des départements d'outre-mer, où 15% des gens sont vaccinés, et dans beaucoup de régions de villégiature, l'épidémie galope".

Sur l'extension du pass sanitaire : "On s'appuie trop uniquement sur cette mesure-là. J'apprends par exemple, qu'avec le pass sanitaire à l'entrée des cinémas, on ne devra plus porter le masque à l'intérieur des salles!" s'indigne l'épidémiologiste, qui préconise d'autres mesures de freinage : "Vu la vitesse à laquelle ça croît dans certains endroits, dans une semaine on y est". 

Difficile application des mesures de freinage

"On a des personnes prioritaires pour être vaccinées depuis longtemps et qui ne sont pas encore vaccinées", explique-t-elle en parlant des plus de 80 ans, "pourtant c'est vraiment très important. Dans ce cas, comment on fait pour que 'obligatoire ' se traduise par quelque chose de concret ?", questionne Dominique Costagliola, qui imagine l'obligation vaccinale appliquée pour les personnes à risques, et les plus de 60 ans. 

Et que va-t-on faire dans les écoles primaires à la rentrée? Les enfants sont vecteurs et qu'est-ce qu'on fait pour éviter cette circulation dans la rentrée? C'est maintenant qu'il faut y penser

Sur l'immunité collective : "L'épidémie actuelle a eu deux variants; Plus un virus est transmissible, plus le taux de couverture théorique pour limiter sa circulation est élevée"

18 mois après l'apparition des variants, quand est-ce que la protection vaccinale décline ?  "C'est pas juste avoir des anticorps, mais aussi d'avoir éduqué ses cellules immunitaires: il est un peu tôt pour dire qu'une troisième dose sera nécessaire pour tout le monde, même si ce sera peut-être le cas pour les personnes plus âgées."

Et dans cette pandémie, "malgré tout, on va arriver dans une meilleure situation grâce aux vaccins, mais on est loin du 90% de taux nécessaire de personnes vaccinées". 

  • Légende du visuel principal: Dominique Costagliola , épidémiologiste © Radio France / capture d'écran
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