Amélie Nothomb, écrivaine, auteure de "Premier Sang" ( Albin Michel), est l'invitée de 7h50. Elle y raconte, à la première personne, la vie de son père, décédé l'année dernière.

"Comme je n’ai pas pu lui dire au revoir, vu que j’étais confinée à Paris, j’ai eu l’impression d’un au revoir raté", raconte la romancière. "Du coup, pour pouvoir réussir cet au revoir, il fallait que je lui rende la vie complètement. Et pour un écrivain, la seule manière de rendre la vie c’est de l’écrire mais aussi que je lui donne ma vie, que je devienne mon père le temps que j’écrive ce livre, d’où ce livre écrit à la première personne."

Elle y voit un message d'espoir : "Ça prouve qu’il n’est jamais trop tard : il est mort et pourtant je peux le faire revivre, le temps de ce roman. Je sentais réellement sa présence, je me sentais investie de lui. Quand j’avais des hésitations sur sa manière de parler, je l’écoutais en moi avant de me dire “oui, il aurait parlé comme ça”."

Pour Amélie Nothomb, parler à la place de son père, "ça a été une transgression mais je m’y suis sentie autorisée. Quand j’étais petite, il paraît que je ressemblais formidablement à mon père, on me disait même que j’étais mon père. On me présentait en public en disant : celle-là, c’est Patrick. Finalement, oui, je suis Patrick."

"J’ai l’intime conviction que ça lui plairait beaucoup : d’abord il adorait que je parle de lui, mais là je parle de lui en le montrant comme il n’osait jamais se montrer, à savoir comme un héros d’envergure."

  • Légende du visuel principal: Amélie Nothomb © AFP / Olivier-Guy Demoulin / BELGA MAG / Belga via AFP
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