La judoka Clarisse Agbegnenou, championne olympique en catégorie -63 kilos, est l'invitée de Carine Bécard à 7h50.

La judoka Clarisse Agbegnenou lors de sa finale olympique victorieuse en catégorie -63 kilos, à Tokyo, le 27 juillet.
La judoka Clarisse Agbegnenou lors de sa finale olympique victorieuse en catégorie -63 kilos, à Tokyo, le 27 juillet. © AFP / Franck Fife

Clarisse Agbegnenou, porte drapeau de la délégation française à Tokyo, est devenue mardi championne olympique de judo, en remportant une médaille d'or cinq ans après sa défaite en finale à Rio : "On ne peut pas vraiment fêter ça, mais j'ai fait beaucoup d'interviews, ça été ma fête, puis j'ai diné avec une amie", avant d'appeler sa famille en rentrant dans sa chambre tard, dans la nuit.

Je me dis 'ça y est', j'ai travaillé pendant tant d'années, fait tant d'effort, ça en vaut la peine, je respire de nouveau. 

Elle qui veut 'souffler' explique : "J'ai besoin de prendre le temps pour moi, pour mes proches, des moments dont j'ai besoin, je vais souffler pendant une bonne année, j'ai besoin de reprendre la force mentale et physique", dit-elle en assurant qu'elle envisage son retour pour les JO de Paris. 

Elle ne sait pas de quoi seront fait les mois qui viennent mais sait juste qu'elle a "besoin d'être vacances" : "J'ai eu de la chance de ne pas avoir de concurrence cette fois-ci, mais ça ne s'arrête jamais, si je ne veux pas faire de pause; Sauf que ce n'est pas possible de ne pas s'arrêter. Les années sont chaque fois un peu plus dures, il y a les médias, les réseaux sociaux, une vie à mille à l'heure". 

Un état de stress quotidien

Après l'abandon, la veille, de la gymnaste américaine Simone Biles aux Jeux olympiques de Tokyo, qui a su évoquer ses difficultés psychologiques, Clarisse Agbegnenou reconnaît : "Quand j'ai vu ça, je me suis dit 'les gens ne comprennent pas la pression qu'on peut avoir', c'est un état de stress quotidien, c'est à notre dépend, celle de notre santé mentale et physique, c'est pour ça que je veux me poser, et prendre le temps. Si je ne souffle pas là, je n'arriverai jamais à 2024 [date des JO de Paris] en forme".

Rester au top, c'est fatigant, dur, quasi impossible 

"Quand j'ai perdu ma finale aux JO il y a 5 ans, j'étais au fond du trou ; avec le report des jeux, j'étais en dépression, très très bas; forcément en tant que sportif de haut niveau, on peut avoir des moments très très durs, mais aussi avoir la force de se relever. On en parle beaucoup plus désormais, et c'est bien". 

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