Roland Castro, architecte, urbaniste, chargé par le président Macron d'une «mission de réflexion» sur le Grand Paris, est l'invité du Grand entretien de Frédéric Métézeau à 8h20

Roland Castro
Roland Castro © AFP / JOEL SAGET

Roland Castro, architecte, répond au Grand entretien de Frédéric Métézeau à 8h20. Missionné par Emmanuel Macron pour le projet "Grand Paris", il se définit comme un "penseur de ville". Qu'est ce que Roland Castro entend par "penseur de ville " ? Quelles sont ses ambitions pour le Grand Paris ? Que contient ce rapport ? Comment va-t-il le concrétiser ?

Pour préparer son rapport sur "Paris en grand", Roland Castro dit avoir mis l'accent sur la pédagogie, "suffisamment claire pour que tout le monde s'y retrouve, pour qu'on sachet ce que l'Etat doit faire : il y a beaucoup de choses à faire, y compris législativement", affirme-t-il, en renforçant le rôle des "400 maires qui peuvent participer à fabriquer une métropole formidable". 

Est-ce à dire que des villes comme Saint-Denis ou Boulogne-Billancourt vont devenir de nouveaux arrondissements de Paris ? "C'est trop petit !" répond Roland Castro. "C'est un territoire beaucoup plus grand, mais il n'y a pas de raisonnement d'annexion, plein de lieux deviennent important sans forcément être dans le prolongement de Paris", explique-t-il, citant comme exemples le Marché de Rungis, qui pourrait être amené à accueillir des hôtels, des restaurants et des habitations, ou encore le port de Gennevilliers, "où l'on peut très bien imaginer une activité mixte entre l'habitation, le divertissement et le travail". 

"Mais moi je n'ai pas travaillé que sur ces lieux majeurs, précise l'urbaniste, j'ai aussi travaillé à partir d'une idée assez simple : la plupart des gens qui vivent ou travaillent à Paris ou en banlieue parisienne veulent en partir. J’ai fait un gros travail sur la question des jardins, la question climatique, la question des villages : une grande métropole, c’est 3000 villages, c’est comme ça qu’il faut le penser"

Rattachée solidement à l'idée du Grand Paris Express, cette ligne de transports en commun qui reliera les villes autour de Paris, l'idée de "Paris en grand" vue par Roland Castro passe aussi par la mixité sociale, qui ne peut s'accomplir selon lui qu'en embellissant des quartiers. "Il y a deux solutions pour la mixité sociale : il y a la loi qui oblige à mettre 25% de logements sociaux. Dans l’autre sens, il y a la solution que les quartiers soient désenclavés et embellis. Ça fait des quartiers mixtes par attractivité. Il n’y a que par l’embellissement qu’on arrivera à rendre attractifs des lieux qu’on ne veut pas voir et où personne ne veut aller".

S'il est question avec le Grand Paris de dé-concentrer la population, il n'est pas forcément nécessaire de dédensifier les zones, explique l'architecte : "Si on le fait intelligemment, si les jardins montent dans le ciel, si toutes les terrasses sont plantées, on n’est pas obligés de penser comme ça. Il faut plutôt intensifier la nature et l’agriculture dans la ville. L’objectif d’une telle manière de penser, c’est que les gens qui lisent ce rapport se disent que ça vaut la peine et que l’idée de rester à Paris leur revienne".

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