Manifestations pro-démocratie à Hong Kong, tensions avec Taïwan, guerre commerciale avec les Etats-Unis... Comment la Chine exerce-t-elle son pouvoir et face à quels contre-pouvoirs ? Sinologue, politologue, chercheur émérite au CNRS et au CERI-Sciences Po, Jean-Philippe Béja est l'invité du grand entretien du 6/9.

Jean-Philippe Béja explique les ressorts historiques des relations de la Chine avec Hong Kong : "Un pays, deux systèmes". "Les dirigeants chinois se sont engagé à ce que Hong Kong reste capitaliste" : 

Hong Kong a une "certaine liberté" poursuit le spécialiste, qui confirme que "depuis 2014, les interventions de Pékin se sont multipliées dans la vie intérieure de la cité".

Toutefois, le chercheur tempère le risque d'une intervention de Pékin dans les manifestations citoyennes, dont le risque pour Xi Jinping, juge-t-il, serait sans doute trop élevé au niveau diplomatique : 

Le statut de Hong Kong est prévu pour durer 50 ans, poursuit-il, pour qu'en 2047, Hong Kong soit assimilée à la Chine mais "On voit que l'évolution que la Chine populaire est extrêmement inquiétante, on comprend les inquiétudes de la population de Hong Kong."

Le souvenir de Tian An Men

"Xi Jin Ping depuis son arrivée a entamé une forte répression contre les organisations de la société civile pour un silence radio", explique Jean-Philippe Béja "mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de mécontentement"   

"Il y a une certaine sympathie de la population chinoise à l'égard de ce qui se passe à Hong Kong" estime le sinologue, qui énumère aussi les outils de contrôle du dirigeant chinois : "On pourrait parler de totalitarisme numérique".

Depuis 2014, la voie du suffrage universel a été fermée, explique Jean-Philippe Béja, qui estime que la manière d'élire les actuels dirigeants relève de "fausses élections". Sur le traitement de Taiwan par la Chine : "Xi Jinping a pris des positions extrêmement dures", a même annulé les voyages de particuliers sur l'île, qui rapportaient beaucoup d'argent.   

Le risque Huawei

"Huawei est largement dépendant de la technologie américaine pour ses smartphones" rappelle Jean-Philippe Béja, qui note que même si le géant du mobile n'est "pas une entreprise d'état, le président de Huawei ne peut pas s'opposer au Parti Communiste chinois (...) donc il y a un risque de sécurité pour les données personnelles".

  • Légende du visuel principal: A Hong Kong, le 28 juillet 2019. © AFP / Anthony Wallace
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