Agny Kpata, membre de la Convention Citoyenne pour le Climat, et Cyril Dion, réalisateur et écrivain, garant de la Convention Citoyenne pour le Climat, sont les invités du Grand entretien de France Inter.

Comme les membres de la Convention citoyenne sur le climat, Cyril Dion a lancé une pétition qui a recueilli 300.000 signatures, pour demande à ce que les engagements sur le climat soient tenus : "Je suis l’un des trois garants, ça consistait à faire en sorte que les débats entre citoyens se fassent dans la plus grande neutralité possible, que ce qui allait sortir des conversations ne soit pas influencé par des partis ou autres, mais aussi à garantir que l’exécutif allait respecter sa parole. Or aujourd’hui, cette parole donnée par Emmanuel Macron, “je reprendrai les propositions sans filtre”, n’est pas respectée sur tout un tas de propositions."

"Notre pétition demande qu’Emmanuel Macron tienne parole."

Agny Kpata veut elle que "cette énergie, ce dynamisme, cet investissement à 150" n'aille pas "à la poubelle". "On n’est pas traumatisés, on a envie de dire qu’on continue à porter cette parole, cette volonté citoyenne. On est encore présents, on n’a pas toutes les billes en main, mais on continue à dire qu’il y a eu un engagement de l’État, qui doit être assumé."

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Exemple de "filtre" sur les mesures proposées, le fait de s'attaquer aux "véhicules de plus de 1.800 kilos". "C’est 1,7 % du parc auto", rappelle Cyril Dion. "Alors que ceux de plus de 1.400 kilos, c’est 26 %. La mission de la convention, c’était de trouver des mesures permettant de réduire d’au moins 40 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 : c’est pas du tout pareil d’appliquer une mesure sur 1,7 ou sur 26 %."

"Ce que j’ai dit à Emmanuel Macron quand je l’ai rencontré, c’est qu’il y avait des mesures à prendre contre le changement climatique qui sont impopulaires, difficiles. Et ça fait 40 ans que les gouvernements ne les prennent pas. Je lui disais que comme il ne le ferait pas, il serait judicieux de passer par des mécanismes de démocratie collaborative, avec des citoyens, pour arriver à des mesures applicables pour eux-mêmes et qui seraient socialement justes, et que ces décisions aillent directement au Parlement. Sinon, on est dans la tambouille habituelle où chacun défend son bout de gras. Et on finit par être sur le plus petit dénominateur commun, avec des décisions qui ne sont pas assez ambitieuses… Alors que les scientifiques nous disent qu’on va vers une planète inhabitable !"

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"Le virus va se terminer, mais si une partie de la planète devient inhabitable, il n’y aura plus rien à faire"

"Dans les retours qu’on entend, on a l’impression que c'est la convention citoyenne a défini la stratégie de l’État", s'agace Agny Kpata. "Or il y a un objectif de stratégie bas carbone qui est nationale, on a aussi les accords de Paris, ce sont des objectifs qui sont communs à tout le monde : entreprises, particuliers, gouvernement… Notre objectif c’était que le gouvernement puisse répondre à cette trajectoire ! Même à l’échelle européenne, la France a des obligations, elle doit rendre des comptes sur la réduction de 37 % des émissions. Nos propositions ne s’opposent pas à une évaluation sociale, économique, on dit simplement que dans cette dynamique il faut prendre en compte des enjeux environnementaux."

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"Personne ne dit que ce n’est pas compliqué", en particulier avec la pandémie de Covid-19, reconnaît Cyril Dion. "On est dans un moment où c’est très difficile pour tout un tas d’industries (automobile, aéronautique) mais où l’on a aussi beaucoup de liquidités. Est-ce qu’elles vont seulement servir à sauver ces secteurs sans rien changer, ou est-ce que ça peut être une opportunité pour réorienter ces secteurs ? On a tous envie que ça aille bien, malheureusement on sait que la crise climatique qui nous attend est terrible, et il ne sera plus temps de réagir une fois qu’on sera face à la catastrophe. Si on dépasse le seuil de 2°, on ne pourra plus revenir en arrière. Le virus, il va se terminer, en revanche si une partie de la planète devient inhabitable, il n’y aura plus rien à faire."

  • Légende du visuel principal: Cyril Dion © Radio France / capture d'écran
Les invités
  • Cyril Dionauteur, réalisateur et militant écologiste
  • Agny Kpatamembre de la Convention Citoyenne pour le Climat
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