Philippe Aghion, économiste et professeur au Collège de France, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand.

À propos de la guerre sur le commerce international, Philippe Aghion est catégorique : "On sait que ça décourage l'innovation, c'est, à court terme, mauvais pour le pouvoir d'achat, et à long terme pour l'innovation."

"La Chine n'a pas joué le jeu, estime l'économiste. On a traité la Chine comme un pays très sous-développé, ça a donné des arguments aux 'Trump' de ce monde."

"Cela provoque des effets de pouvoir et de croissance dommageables, c'est un édifice qu'on a mis des années à construire qui est attaqué. Tout ce qu'annonçait Macron, tout ça doit se faire : plus de mobilité sociale et davantage de protection sociale", martèle Philippe Aghion. 

Si on fait du Thatcher, on obtient le Brexit, si on fait du Reagan, on obtient Trump.

"Il faut plus que jamais protéger les personnes"

"Si on fait du Thatcher, on obtient le Brexit ; si on fait du Reagan, on obtient Trump, prévient Philippe Aghion. Notre modèle c'est le scandinave, pas le modèle anglo-saxon."

"Il faut libéraliser, mais il faut aussi protéger", poursuit l'économiste : 

Il faut savoir où on veut aller. C'est du social-libéralisme, pas juste du libéralisme.

"Il faut garder le cap, faire attention aux voix qui prône la réduction de protection sociale, rester vigilant à toute voix qui conduirait à tout dérapage, garder le volet humaniste du programme Macron."

"Je suis un bon ami [d'Emmanuel Macron], pas un courtisan qui dit ce qu'on veut entendre", affirme l'économiste, qui dit connaître le président depuis longtemps : "On s'est rencontrés lors de la commission Attali et on ne s'est pas quitté depuis, je sais très bien ce qu'il pense."

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Philippe Aghion © AFP / Lemmage
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