Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est l'invité du grand entretien d'Hélène Roussel et de Yael Goosz à 8h20.

Pour Philippe Martinez, ce 1er mai reste une journée internationale de lutte des travailleuses, et des travailleurs, plus qu'une fête du travail. Réagissant au message d'Emmanuel Macron posté sur Twitter, dans lequel le président vante l'"esprit de solidarité entre les travailleurs", le secrétaire général de la CGT, répond : " C’est ce président qui disait que les organisations syndicales ne servaient pas à grand chose. Il faut passer aux actes. S’il vante les travailleurs, les  premiers de cordée, qu’il le démontre".  "Nous écouter c'est bien (…) mais prendre en compte des mesures que nous portons depuis des années, c'est mieux (…) Parfois les paroles s'envolent, alors nous attendons des actes, et des actes forts", a ajouté Philippe Martinez.

"Annoncer des mesures fortes en matière de salaires, ce serait une vraie main tendue".

"La crise est un révélateur de tout ce que nous dénonçons", dit-il, "je pense à l’hôpital, au mouvement social contre les fermetures des lits, pour plus d ‘emplois, voilà ce que nous attendons du gouvernement".

Déconfinement et retour au travail : "la priorité c'est la santé"

Philippe Martinez n'est pas favorable à la reprise de la vie économique si "il manque des protections pour les salariés, c’est la santé qui doit primer avant tout. Le mot d’ordre du gouvernement c’est rester chez vous. Il n’y a pas de protection pour tout le monde. Il faut qu’on puisse aller au travail, à l’école, dans les transports en toute sécurité, pour l'instant ce n’est pas le cas". 

"Soit on veut des morts, soit on veut autre chose, la première chose c’est de protéger". 

Il souligne l'intérêt du modèle social français, avec le chômage partiel, la sécurité sociale notamment. Il estime que la solidarité doit s'exprimer, raison pour laquelle, "nous demandons aux entreprises de ne pas verser les dividendes aux actionnaires, cet argent peut servir à aider les chômeurs, les formations, et maintenir les salaires de ceux qui sont en chômage partiel".

Concernant le maintien du chômage partiel au-delà du 11 mai, il considère que pour l'instant "c'est ambigu". 

"Il faut être précis pour rassurer ceux qui ne seront pas en mesure de retourner au boulot"  (à partir du 11 mai)

Pour les écoles qui rouvrent, "les parents qui garderont leurs enfants à la maison, seront-ils en absence non autorisées ? ce n’est pas aussi clair que cela" dit-il. 

Temps de travail : "hors de question de travailler plus"

"C’est hors de question de travailler plus", clame Philippe Martinez, face aux propositions de certaines entreprises, d'augmenter le temps hebdomadaire de travail. "La conscience professionnelle est démontrée", explique-t-il. "Pas besoin de changer la loi pour que les gens viennent au boulot même pendant leur week-end, la conscience professionnelle existe"

"L’avenir c’est de réduire le temps de travail, si on veut que tout le monde ait du boulot"

"La CGT a une position claire, il faut réduire le temps de travail, si on veut que tout le monde en ait. il faut que la référence hebdomadaire  soit 32 heures" précise le secrétaire général de la CGT. "Travailler jusqu'à 60 heures par semaine, vous imaginez les dégâts sur la santé ? L'avenir, c'est la réduction du temps de travail, si on veut que tout le monde ait du boulot."

Télétravail : "il faut un accord national"

La CGT demande un accord national pour réglementer le télétravail. 

"Il faut un accord national sur le télétravail de façon à ce que les règles soient les mêmes pour l’ensemble des travailleurs", a estimé Philippe Martinez, car pour l'instant "les gens se débrouillent comme ils peuvent". Le télétravail, "ce n’est pas partagé un ordinateur avec les enfants, les garder pendant qu'on travaille ; ça doit être encadré, dans des horaires, avec une prise en charge des frais. Les gens actuellement font ce qu’ils peuvent et ne sont pas de le cadre d’accords négociés." 

"Une année blanche pour les intermittents"

Les intermittents du spectacle ont écrit à Emmanuel Macron pour lui dire qu'ils avaient "peur" d'un "tsunami social et culturel", comme ils le disent dans une des pétitions qui circulent.  Ce régime des intermittents concerne 100.000 artistes et techniciens indemnisés chaque année. Pour obtenir des droits au chômage ils doivent avoir travaillé 507 heures sur les douze derniers mois.

Pour Philippe Martinez, "Une année blanche pour les intermittents, c'est une demande que la CGT formule depuis longtemps. Je pense qu'ils ne connaissent pas la réalité du travail des intermittents."

Annuler les réformes en cours

La CGT demande l'abandon des deux réformes, assurance chômage et retraites. Elles sont suspendues, mais "nous demandons l’annulation de l’assurance chômage, y compris le volet qui a commencé le 1er novembre dernier". 

le chômage qui augmente, concerne surtout les jeunes, qui restent sans ressource. "Il faut que tout le monde paye des cotisations, or elles sont souvent supprimés pour les grandes entreprises", regrette Philippe Martinez. 

"Pour l'instant, ni sur les réformes de l'assurance chômage ni sur celle des retraites, nous n'avons eu des réponses".

  • Légende du visuel principal: Philippe Martinez © AFP / Karine Pierre / agence Hans Lucas
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