Vanik Berbérian,Président de l'association des maires ruraux de France est l'invité du grand entretien

L'Association des maires ruraux de France (AMRF) a exposé les premières revendications recueillies en mairie et ses attentes du "grand débat" national mis en place en janvier et février à la suite du mouvement des "gilets jaunes".

Le pouvoir d'achat, la justice sociale et le sentiment d'abandon en matière de services publics sont les doléances les plus récurrentes d'après les premières analyses rapportées par le président de l'AMRF, Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre dans l'Indre. Depuis début décembre, "entre 3.000 et 5.000 communes" ont ouvert leur portes aux requêtes de leurs administrés à l'appel de l'AMRF, qui les collecte et les analyse.

Des consultations avaient été déjà lancées pendant la campagne présidentielle dans les communes rurales car selon Vanik Berbérian, "Entre ce que vivent les gens et ce que pensent le haut du sommet c'était compliqué". "Nous avons permis aux gens de venir s’exprimer, c’était personnel, ils l'ont fait à titre individuel et les maires ont eu un rôle d’écrivain public" explique-t-il alors que le grand débat national se déroulera autrement, avec des thèmes à travailler.  Des citoyens seront tirés au sort.

Il faut que ce soit le plus libre possible, les choses doivent se dire. 

Vanik Berbérian insiste sur le besoin d’exprimer les choses. "On a été surpris par le nombre de communes qui se sont lancées dans l’opération. Les gens ont besoin de dire les choses. Il faut replacer les choses dans un contexte politique plus large ; les partis politiques qui ont eu le pouvoir ont été éjectés. Il y a eu une promesse de faire de la politique différemment, et en fait non c’est comme avant. C’est de la déception." 

Trois sujets d'inquiétude

Le président des maires ruraux de France estime que les doléances recueillies dans les mairies sont un formidable outil sociologique. Au rang des sujets qui inquiétent les Français, l'immigration n'arrive qu'en 8e position, et le RIC (Référendume d'inititative citoyenne) n'est pas une revendication massive.

Les gens sont inquiets pour "le pouvoir d’achat, une réalité particulièrement en milieu rural, l’injustice sociale insupportable. Des gens travaillent qui n’ont pas de revenus et d’autres qui ne travaillent pas et ont des revenus énormes c’est quelque part intolérable. Et l’abandon par les services publics"

Le complexe du plouc, "ça nous bloque"

Interrogé sur les disparités importantes dans le monde rural, Vanik Berbérian estime tout d'abord qu'il faut un changement de mentalité et d'état d'esprit des ruraux sur le regard qu'ils portent sur eux-mêmes. Il leur faut selon lui sortir du "complexe du plouc". D'autre part, il estime que l'Etat doit aussi changer de méthode dans ses dotations publiques auprès des communes.

Aujourd’hui un habitant des villes vaut le double d’un habitant des campagnes 

  • Légende du visuel principal: Vanik Berberian © AFP / ludovic MARIN / AFP
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  • Vanik BerberainPrésident de l'association "Les Maires ruraux de France" et maire de Gargilesse-Dampierre (Indre)
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