Manuel Valls, ex-ministre français et aujourd'hui candidat à la mairie de Barcelone, est l'invité du grand entretien à 8h20.

Le candidat à la mairie de Barcelone Manuel Valls est l'invité du grand entretien à 8h20 quelques heures avant ses adieux au groupe des députés LREM à l'Assemblée nationale. Quel testament politique pour l'ancien Premier Ministre  et député de l’Essonne ? Quelle vision européenne et quelle coalition pour la conquête de Barcelone ? 

Sur la disparition de Charles Aznavour, autre fils d'immigrants

"Je l'avais rencontré, notamment quelques minutes à la fin d'un concert à Tel-Aviv" se rappelle Manuel Valls, "il était 100% français et 100% arménien, il le disait tranquillement" '...) Moi je me suis toujours senti 100% français et 100% barcelonais, 100% européen aussi." 

L'élection présidentielle de 2017 : un rendez-vous raté ?

Qu'est ce qui a manqué, à l'époque quand on le pressentait comme candidat : "La préparation, sans doute", concède Manuel Valls. Moi je ne m'étais pas préparé à être candidat en 2017, c'est François Hollande qui était censé se préparer ."  

"Barcelone a tout emporté"

"Le choix que je fais [de la candidature à la mairie de Barcelone, ndlr] est aussi un choix de vie" explique Manuel Valls, toujours député de l'Essonne. "Je n'ai pas l'impression de trahir ni d'abandonner quelque chose, pour moi Paris, Barcelone, c'est le même chemin : l'Europe (...) Là-bas se joue le destin de l'Europe".

Quitter Evry, et la vie politique en France

"Cette ville [Evry] m'a façonné, mes enfants y ont grandi, il y a un maire formidable (...) Je ne sais pas si je serais maire de Barcelone, mais ce qui se passe est assez unique", tient à souligner Manuel Valls, qui expliquer sa démarche "pour tenter d'incarner aussi une certaine idée de l'Europe, un espace en danger."

"Si je rate, c'est un choix de vie : je reste à Barcelone, au conseil municipal de Barcelone, je continuerai à m'impliquer dans la vie locale (...) la politique française c'est terminé 

Quand on fait un choix de vie, ce n'est pas pour faire des zig-zags. Le combat qu'on mène ici est le même qu'on mène en Espagne

Que reste-t-il du Vallsisme? 

"Je pense avoir fait évoluer la gauche dans des débats difficiles, sur la laicïté, par exemple. Moi je me réclame beaucoup de Michel Rocard, c'est sans doute cette volonté de faire renouer la gauche avec la République qui me définit."     

Il m'est arrivé de confondre autorité et autoritarisme

Sur l'exercice du pouvoir

"On attend tout d'un président, qu'il soit le Père de la Nation, Jupiter et en même temps plein de bienveillance : faire les deux, ça n'est pas facile" estime l'ex-ministre de l'Intérieur. 

Sur la question des séparatistes catalans 

"Je pense que le mouvement séparatiste a échoué , mais politiquement il continue avec un appui populaire, on ne peut pas parler de queue de comète" reconnait  Manuel Valls, "Barcelone doit échapper à ce débat." 

Alors que le référendum sur l'indépendance de la Catalogne se déroulait il y a un an, celui qui va démissionner de son poste de député de l'Essonne pour se présenter en Espagne estime que le mouvement séparatiste "a échoué face à l'Etat espagnol et face à l'Europe, qui a dit qu'il ne pouvait pas y avoir de destin pour une Catalogne sortant de l'Espagne". 

"Quand vous avez un appui populaire, on ne peut pas parler de comète mais ça vaut bien dire qu'il faut trouver des solutions qui sont d'ordre politique dans le cadre constitutionnel de l'Espagne et dans le cadre européen."

Interrogé sur la situation des dirigeants séparatistes détenus ou en exil, il dit "comprendre la réaction des familles et des proches de ceux qui sont en prison". En revanche, citant l'écrivain catalan Javier Cercas, il affirme que "ce sont des politiques qui sont en prison, ce ne sont pas des prisonniers politiques". Il affirme que les leaders indépendantistes "ont pris leur responsabilités" et "ont violé la constitution.""Ceux qui sont partis l'on fait parce ce qu'ils savaient ce qu'ils risquaient."     

Barcelone, la solution

Il envisage la ville de Barcelone comme une "forme de solution" au conflit entre unionistes et séparatistes : "Barcelone doit échapper à ce débat et je vais me battre pour que Barcelone soit une grande capitale européenne, ouverte, qui retrouve une partie de son rang - parce que la situation s'est dégradée, plutôt que la capitale d'une hypothétique république catalane qui n'aura pas lieu."

Á propos de l'Aquarius, entre ceux qui disent 'on accueillera jamais un bateau'  : "En Italie, et ceux qui soulagent leur conscience, on ne résout pas le problème."

"Le destin de la Catalogne est à la fois d'avoir une identité très puissante, mais Barcelone est aussi une grande ville ouverte, qui parle aux 500 millions de Castillans dans le monde." 

L'idée d'un peuple catalan de mon point de vue n'existe pas

Attaché à la laïcité

"La laicité est une valeur universelle, qui vaut pour toutes les religions, qui protège les femmes de l'obscurantisme" (...) En Espagne, les ministres n'ont pas juré sur la bible (...) Je n'abandonnerai là-bas aucune de mes convictions, c'est un combat qui concerne tout le monde et la vie en société."      

La France admirée 

Manuel Valls, qui quitte officiellement sa place au sein de LREM ce mardi à l'Assemblée : "Je voudrais dire aux Français qu'ils soient fiers de ce qu'ils sont" : 

De loin, quand on regarde [la France] on se dit parfois : 'Qu'est ce qu'on gâche', ce pays est admiré par tous

"Je ne regrette pas grand chose, je pars sans regret, sans amertume. Cette reconnaissance [ à la France ] est éternelle".

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Manuel Valls © Radio France / Anne Audigier
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