La ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, est l'invitée du Grand entretien de France Inter à 8h20.

La ministre de la Santé, après que le gouvernement se soit retrouvé sous le feu des critiques pendant plusieurs jours depuis l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, revient sur le retard accumulé pour obtenir la liste des produits toxiques du site : "Il a fallu [les] demander au responsable de l’usine, la loi ne permet pas de mettre ces données publiques (...) En réalité personne ne sait aujourd’hui ce que donne ces produits mélangés lorsqu’ils brûlent."

Mais selon Agnès Buzyn, les premiers retours d'analyse sont rassurants : "Aujourd’hui je dis ce que je sais, nous avons cherché les produits les plus communément trouvés après un incendie (...), notamment les plus habituels : les polycarbures (...) Ensuite l’amiante (...) il n’y en a pas sur un rayon de 300 m autour de l’usine (...) La dioxyne, qui est aussi un produit très dangereux (...) Après il n’y a des choses que je ne sais pas" concède la ministre qui attend les premiers résultats sur ce produit "jeudi ou vendredi". "L’ INERIS doit dire à quoi on peut s’attendre après [ce type d’incendie]".

"Aujourd’hui nous n’avons pas retrouvé dans l’air de Rouen, les polluants les plus à risques. La qualité de l’air est normale, l’eau est potable, elle n’a été polluée à aucun moment"

"La ville est noire, il y a de la suie, mais ne présente aucun risque de la santé (...) Ça dépend ce qu’on met derrière le mot pollution (...) Est ce que cette suie a une dangerosité? Les premiers éléments sont rassurants (...) cette pollution réelle n’entraîne pas de risques pour la santé" affirme la ministre.

"Tant que je n’ai pas la certitude qu’il n’y a aucun élément toxique, il y aura un suivi de la population"

Sur la possibilité d'une enquête, Agnès Buzyn se prononce :  

Sur la longueur du délai d’obtention de la liste des produits présents dans l'usine : "La liste la plus ‘visible’ a été rendue publique, mise en ligne, mais il est possible que la DREAL l’ait eu avant. Personne n’a la volonté de cacher quoi que ce soit" affirme Agnès Buzyn. Pour elle, depuis le sang contaminé, "la parole du gouvernement est systématiquement remise en cause".

Évoquant la question des abords de Notre-Dame pollué au plomb, ou sur le droit de retrait des salariés de la gare d’Austerlitz, dont le chantier s'est avéré également touché par de fort taux de cette pollution : "L’inspection du travail a été saisie par rapport à la dose de plomb retrouvée dans la gare. Ça n’est pas un risque sanitaire pour la population [alentours] (...) Pour le plomb, Il n’y a pas de normes environnementales au niveau mondial".

"À Paris, l’essence des voitures a mis du plomb partout, comme dans les toitures, les balcons, donc les normes environnementales sont assez élevées"

À propos de la lettre ouverte de personnalités pour alerter Emmanuel Macron sur la situation des hôpitaux : 

"Je suis médecin hospitalier" explique Agnès Buzyn, "j’ai quitté l’hôpital trois jours avant d’être ministre (...) depuis que je suis arrivée j’ai rajouté 6 milliards d’euros au budget de l’hôpital (...) Il va encore augmenter de 1,5 milliards d’euros en 2020".

"J’ai rendu le budget hospitalier positif pour la première fois depuis l’année dernière. Je suis la ministre qui réinvestit dans l’hôpital"

"Je travaille aussi à la qualité de vie des soignants, il y aura des changements notables au cours de l’année qui vient" promet la ministre pour terminer.

  • Légende du visuel principal: Agnès Buzyn, invitée de France Inter le 12 février 2019 © Radio France /
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