Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

Le secrétaire général de la CGT fait le point en ce début de grève "perlée" : "On demande la même chose depuis plusieurs semaines", explique-t-il, "revoir complètement le projet du gouvernement."

Quel service ferroviaire nous voulons pour la France? Quelle garantie nous avons qu'il n'y aura pas de privatisations ?  Le problème c'est qu'il reste encore quatre ans, il faut figer un certain nombre de choses".

Sur le "grand deal" proposé aux cheminots par Emmanuel Macron, afin de reprendre la dette de la SNCF  : "Nous proposons des solutions pour que l'État reprenne cette dette, pour financer les investissements, (comment taxer le transport routier) , sur le fret." 

Pour que le mouvement s'arrête, Philippe Martinez explique qu"il faudrait "un gouvernement qui écoute, et n'essaie pas d'opposer les cheminots aux usagers. Sur le remplacement des cheminots grévistes par des salariés à qui est offert une prime, le leader CGT parle de 125 personnes : "C'est marginal (...) On a un taux record de grévistes."

Philippe Martinez, qui affirme ne pas vouloir d'un "conflit dur" : 

Vous pensez que les cheminots font grève par plaisir? On est obligé d'en arriver là, à cause du gouvernement 

"La forme de lutte proposée par l'intersyndicale rencontre un succès massif (...) ce qui montre que la forme de lutte correspond à une attente des cheminots."

Pas de "gréviculture"

Sur le numérique, et la modernisation de Carrefour, en difficulté financière : "Arrêtons de mettre le numérique devant, avec les suppressions d'emplois [ que cela entraîne].  Imaginons plutôt un mix entre le numérique et les hôtesses de caisse, ne détruisons pas le lien social, au boulot et comme ce que nous vivons dans la société. Le numérique, il a bon dos, les suppressions d'emplois sont toujours justifiées par le numérique."

"On nous dit que la croissance repart : les grandes entreprises, les actionnaires se portent bien...mais les retraités sont dans la rue, les salariés se retrouvent à la porte (comme chez GM&S)" estime Philippe Martinez : 

Les inégalités continuent d'augmenter, c'est ça la réalité de notre pays

"L'esprit revanchard de la SNCF et de Mr Pepy il est bien présent en ce moment", poursuit le syndicaliste.

Cette petite musique des cheminots privilégiés est insupportable

Et une reprise des négociations est-elle envisageable ? "Je n'ai pas eu de contact depuis un moment : ils connaissent mon numéro de téléphone, ils peuvent appeler quand ils veulent, il faut s'assoir de nouveau, mais avec les oreilles débouchées".

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