Gérard Larcher, président du Sénat, sénateur des Yvelines, est l'invité du Grand entretien de France Inter, au lendemain d'un entretien "franc et direct" entre Emmanuel Macron et des sénateurs.

"Les présidents de groupe du Sénat souhaitaient parler au président de la République", rappelle Gérard Larcher, et ils l'ont fait ce mercredi. "On ne pouvait pas ne pas parler de l’article 24… de la Constitution. Il dit que “le Parlement vote la loi”. Il fallait mettre fin à une forme de confusion, et de ce point de vue nos échanges ont été clairs, francs, directs, mais le Président a reconnu qu’il fallait laisser faire le travail du Parlement, sur la loi sécurité globale comme sur tous les textes."

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"Dans cette loi, il y a 65 articles avec des propositions importantes pour le continuum sécurité", explique le président du Sénat. "Il appartient à la commission des lois du Sénat d’examiner tous ces articles, et elle proposera au vote un ensemble d’amendements. Et je ne doute pas que finalement, on ne touchera pas à la loi sur la presse de 1881… Mais il faut aussi renforcer la sécurité des policiers, des gendarmes, des forces de sécurité."

"Le respect du Parlement fait partie des principes fondamentaux, je ne cèderai jamais sur ce sujet."

"Le président de la République, chef de l’État, garant de la Constitution, l’a compris et a partagé qu’il fallait tout simplement laisser la navette parlementaire se faire", assure Gérard Larcher. "Et que c’était le temps du Sénat aujourd’hui, un Sénat très attentif aux libertés, tranquillement et sans polémique. La sagesse est une qualité !"

Il rappelle que sur la question des menaces sur Internet, on n'a pas encore trouvé de bonne solution : "La loi Avia a été censurée par le Conseil constitutionnel, à juste titre. L’article 25 de la loi sur le séparatisme méritera une étude attentive. Lutter contre la fracture dans ce pays, contre les communautarismes, contre l’islam radical (et j’insiste sur le “radical”, car il ne s’agit pas de lutter contre l’islam qui a sa place dans la République), cela nécessitera un examen en profondeur, dans la sérénité. Parce qu’on est sur des sujets qui touchent à l’intime. Le principe d’Aristide Briand, c’est : “la loi doit protéger la foi, tant que la foi n’entend pas dicter la loi”. Autour de ça, je ne doute pas que nous aurons de vrais débats."

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Sur la vaccination contre la Covid : "Je n’ai pas du tout peur du vaccin"

"Nous allons avoir un débat au Sénat sur la sortie progressive du confinement, sur l’isolement et sur le vaccin", précise le président de la chambre haute. "J’ai vu les priorités définies par la Haute Autorité de Santé, l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques rendra un rapport à la mi-janvier. Je n’ai pas du tout peur du vaccin. Et il ne faudra pas se priver de s’interroger sur l’obligation vaccinale s’il n’y a pas un taux de protection suffisante dans le pays. Mais faisons confiance à ceux qui ont la responsabilité médicale : la fonction du gouvernement, c’est l’organisation et la logistique de la vaccination en fonction des recommandations de la HAS."

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"Nous sortons de crises sanitaires qui ont vraiment érodé la confiance : on a raté “masquer”, on a modérément réussi “tester”, il faut qu’on réussisse ensemble la vaccination. Le vaccin, ce n’est pas que pour moi, c'est aussi une protection collective, une citoyenneté partagée."

Il rappelle toutefois qu'il ne faut pas se précipiter juste pour "faire des annonces". "La vaccination, ce n’est pas une course contre la montre, c’est un processus médical qui doit être sérieux, réfléchi, partagé. Nous en débattrons au Parlement, c’est ce que le président de la République nous a dit mercredi. La priorité aujourd’hui, c’est de sortir de la crise économique, sociale et sociétale."

La question de la réforme des retraites était aussi au cœur de l'entretien avec Emmanuel Macron. "Il nous a dit que ce n’était pas la priorité. Mais il y aura un rendez-vous sur le sujet, la majorité du Sénat a rappelé qu’entre la durée de cotisation et l’âge, il y aurait des réalités à regarder en face. Il n’y a pas de calendrier, nous avons d’abord de sacrés défis économiques et sociaux à relever."

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Sur Valéry Giscard d'Estaing : "Une intelligence fulgurante"

"Il a changé la gouvernance de ce pays", estime le président du Sénat. "Il y a eu son rôle dans la construction européenne : Giscard c’est aussi Simone Veil première présidente du Parlement européen. Mais c’est aussi une modernisation de nos rapports en société : le droit de vote à 18 ans, l’IVG, mais aussi un renforcement des droits des parlementaires, avec la possibilité de saisine du Conseil constitutionnel. C’est aussi la Commission nationale informatique et libertés ! Moi je le voyais chaque année, c’était une intelligence fulgurante, et je me souviens encore de notre dernière rencontre : nous avions évoqué pourquoi une réforme constitutionnelle ne peut pas être faite dans l’impulsion."

Peut-on comparer Giscard et Macron, comme certains journalistes l'ont souvent fait depuis le début du quinquennat ? "Pas du tout", tranche Gérard Larcher. "Valéry Giscard d’Estaing avait le rêve de gouverner la France au centre : il n’a pas totalement réussi, on l’a vu en 1981. Le macronisme, c’est autre chose, c’est l’incarnation du “en même temps”, alors qu’avec VGE nous avions une vision européenne, une vision d’une France au centre, qui parfois a pu faire discordance avec la famille gaulliste…"

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"On retiendra le président réformateur, le président qui se préoccupe de sujets qui aujourd’hui sont dans notre quotidien, comme la condition féminine. C’est un sujet dont on parlait assez peu auparavant ! Dans le domaine des libertés, il a fait beaucoup plus qu’on l’a dit et qu’on l’a imaginé."

  • Légende du visuel principal: Gérard Larcher © Radio France / Anne Audigier
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