Michel Barnier, chef de la "task force" pour les relations avec le Royaume-Uni, est l'invité du Grand Entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé.

Michel Barnier
Michel Barnier © AFP / Kenzo Tribouillard

"J’ai ressenti de la tristesse : le brexit, comme tout divorce est un moment d’affaiblissement, difficile" confie aujourd'hui celui qui a été désigné pour diriger la la task force de la Commission européenne chargée de négocier les modalités de départ de la Grande-Bretagne.

"Le Brexit a conduit à détricoter l’ensemble de nos relations telles qu’elles étaient depuis 47 ans. Il faut tout reconstruire"

"Mon tout premier vote était pour l’adhésion du RU, j’ai fait campagne pour le oui. Paradoxe : aujourd’hui j’ai dû organiser ce divorce. Il y a des leçons à tirer du Brexit"

"Dans les leçons du Brexit, certaines erreurs ont été faites. En Angleterre, avec un sentiment populaire, le sentiment que l’Europe ne protège pas" explique Michel Barnier qui pointe aussi du doigt "les excès de la grande finances, des banquiers qui se sont tout permis."

"Boris Johnson connait notre état d’esprit : les taxes des droits de douanes seront proportionnels, pour nos relations soient le plus équitables possible" affirme le négociateur en chef européen dans les relations avec le Royaume-Uni.

"Boris Johnson est quelqu'un de très intelligent, direct et chaleureux, on s’entend bien, mais c’est quelqu'un de très pragmatique"

L'accord de commerce avec les pêcheurs en question

"Il n'y aura pas d’accord de commerce avec les Britanniques s’il n'y pas un accord sur l’accès réciproque pour les pêcheurs', a aussi déclaré Michel Barnier, alors que l'accès des navires de pêche français aux eaux de l'île anglo-normande de Guernesey a été temporairement suspendu en raison de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le Brexit, acté dans la nuit de vendredi à samedi, s'est en effet aussi traduit par l'expiration de la Convention de Londres sur la pêche, qui régit depuis 1964 les droits de pêche dans les eaux côtières (6 à 12 milles nautiques) des Etats membres de l'UE signataires.

"Trois millions et demi d’européens vivent au Royaume-Uni, un million et demi de britanniques vivent dans l’un de nos pays européens : une fois qu’on a divorcé, juridiquement il faut tout reconstruire".

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