L'eurodéputé EELV Yannick Jadot est l'invité du Grand Entretien de la matinale de France Inter avec Nicolas Demorand et Léa Salamé.

Comment recomposer la sphère politique après les européennes de la semaine dernière ? Pour Yannick Jadot, dont la liste Europe Ecologie - Les Verts est arrivée en troisième position des suffrages, "il va falloir dépasser EELV". Face à "des appels du pied pour la gauche plurielle voire pour le programme commun", il affirme qu'il va "falloir à minima que tous les mouvements écolo se retrouvent dans la même maison, et surtout, on veut construire le grand mouvement politique de demain".

"La question ne sera pas d’où vous venez, mais sur la base des valeurs qu’on défend, est-ce que vous venez ou pas. Ça peut venir des gens de gauche, ou des gens qui ne sont pas de gauche, mais tous ceux qui ont compris que l’écologie devait être la matrice qui redonne du sens à l’économie et la redéfinit, sont bienvenus", assure-t-il. 

Après cette victoire, Yannick Jadot estime que "dans toute cette élection, les écologistes étaient rassemblés, il y a eu l’envie et le sens de la responsabilité. Aujourd’hui, notre mouvement veut conquérir le pouvoir pour l’exercer", assure-t-il, expliquant que le pays est aujourd'hui marqué par "un sens aigu de la gravité du moment" et par "le fait que toutes les solutions existent : aujourd’hui l’énergie renouvelable coûte moins cher que les énergies fossiles. On a tout le chemin pour sortir des pesticides, pour faire de l’isolation des logements".

"Il faut aussi emmener les entreprises et les collectivités locales : c'est pour cela que l'échéance municipale va être essentielle". 

A la question des coalitions dans le cadre des municipales, Yannick Jadot explique que l'objectif premier d'EELV est "de conquérir énormément de grandes villes", et dans un second temps de voir avec qui s'unir - mais, assure-t-il, toujours sur la base des 

Il déplore le fait que La République En Marche et Emmanuel Macron soient tombés dans le piège de leurs prédécesseurs : faire du scrutin européen une élection nationale. "Il a voulu en faire un référendum anti-Le Pen, il s'est retrouvé avec un référendum anti-Macron", explique Yannick Jadot. 

Sur la loi d'orientation des mobilités (LOM) examinée à partir de ce lundi par les députés, Yannick Jadot estime que "le texte n'est pas à la hauteur" : "Quand on parle de supprimer les moteurs thermiques en 2040, il y a d’autres pays qui s’y sont engagés en 2030. On ne peut pas avoir d’un côté le rapport de l’Unicef qui dit que nos enfants ne respirent pas bien dans leurs écoles, et de l’autre côté viser 2040". 

"Est-ce que nous assumons que d’ici 5 ans ou 10 ans, toutes les bagnoles qui émettent peu et consomment moins viennent de Chine, ou est-ce qu’on s’empare de ce sujet du climat pour en faire un magnifique outil au service des 12 millions de salariés de l'industrie automobile en Europe ?"

"La société est prête, mais ce qui manque dans cette loi c'est de la visibilité", explique l'eurodéputé. Il dit par ailleurs trouver dangereux le fait que ce soient les présidents des départements qui soient amenés à ajuster la vitesse. "Au premier mort sur une route passée de 80 à 90km/h, on va demander des comptes aux patrons des départements", déplore-t-il. 

Interrogé par un auditeur sur la position de EELV sur les vaccins, il assure : "Sur les vaccins, la ligne de EELV comme celle de Michèle Rivasi sont très claire : nous défendons la vaccination comme une responsabilité individuelle mais aussi collective. Nous sommes pro-vaccins. Il est indispensable, dans le même temps, d’avoir toute la transparence sur le poids des lobbies pharmaceutiques dans le débat public". Sur l'homéopathie, il prône le fait que ces traitements ont le mérite d'avoir des résultats positifs.  

  • Légende du visuel principal: Yannick Jadot © Radio France / Anne Audigier
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