Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Depuis que la Turquie a ouvert ses frontières avec l'Europe le 29 février dernier, plusieurs milliers de personnes se sont ruées vers la Grèce, une situation préoccupante pour l'Europe qui redoute une crise migratoire semblable à celle de 2015. "Mr Erdogan n’est pas un allié, il se comporte comme un adversaire" estime Bruno Retailleau.

Crise migratoire en Europe

Évoquant la situation de ces réfugiés : "Ce ne sont pas que des migrants syriens, mais il y a des Afghans, des Somaliens (...) On aide la Grèce, on garde nos frontières, [mais] pas question de la moindre faiblesse, il en va de la déstabilisation de nos propres sociétés".

À propos de la situation en Syrie : "Il faut tenir un langage de fermeté à Erdogan, y compris avec des actions (...) Il y a  une faute de la Turquie, des américains, même de la France qui a totalement disparu de la zone syrienne, la voix de la France doit être indépendante, utile pour la paix".

Recours au 49-3 et réforme des retraites

"Le gouvernement s’est rendu complice de l’obstruction. Il existe un autre droit parlementaire, le temps programmé (...)Emmanuel Macron a pris un engagement, il a voulu placer sous le signe du dialogue le deuxième acte du quinquennat, et on a eu le 49-3".

“L’esprit de la constitution lui donne le devoir de la clarté. Plus personne ne comprend rien à cette réforme. Il y a aussi un devoir d’unité, avec le risque que le débat se déroule dans la rue avec plus de violence”

"Cette réforme a été marquée à chacune de ces étapes par un échec"

"L’Assemblée Nationale a commencé à débattre sans connaitre le financement des retraites. Débattre sans parler du financement, ça ne sert à rien."

"Le texte n’est pas acceptable, c’est une mauvaise réforme, on va créer un système spécial pour les riches (...) Notre modèle social c’est le commun. Ce gouvernement est en train de vouloir créer une sécurité sociale à deux vitesses."

Sur la gestion du coronavirus par le gouvernement

"Rien ne m’indique que le gouvernement gère mal cette épidémie, il faudra avoir une coordination pour rendre l'organisation visible" explique le président du groupe LR au Sénat, qui confie aussi être inquiet sur les conséquences économiques de cette pandémie : "On est à la merci d’un certain nombre de signes noirs. Il faut accepter une plus grande autonomie, la mondialisation est allée trop loin (...) Le monde est dépendant de la Chine pour 90% de la pénicilline. J’ai demandé un plan européen et français de relocalisation de la fabrication des médicaments".

Crise climatique et décroissance

"Une économie décroissante, je n’y crois pas, mais à l’écologie humaine oui, ça ne doit pas être une religion dégradée. Il va falloir changer beaucoup de nos comportements, réexaminer les accords de libre échange, comme le CETA."

"Je ne crois pas à une écologie qui conduirait à une décroissance (...) Il faut réexaminer notre modèle de croissance"

Sur les retraites, faudrait-il opter pour un référendum sur les retraites? Aujourd'hui, estime Bruno Retailleau, "on ne peut plus avoir une démocratie représentative intermittente, il faut recourir à des référendums".

Rachida Dati tête de liste LR à Paris  

"En politique, pour être reconnu il faut être reconnaissables". Ses marqueurs, "notre électorat les reconnait" estime le sénateur de Vendée : "Elle assume ses convictions, c’est un atout".   

Affaire Polanski et cérémonie des César  

"Je suis en train réalité très mal à l’aise, je comprends parfaitement la réaction d'Adèle Haenel. Mais l’indignation est sélective : Ladj Ly a été condamné pour enlèvement, donc il y a deux poids deux mesures (...) J’ai été aussi très choqué par le discours racialiste de cette comédienne [Aissa Maiga, ndlr]".

  • Légende du visuel principal: Bruno Retailleau © AFP / Eric Feferberg
Les invités
  • Bruno Retailleauchef de file des sénateurs Les Républicains, président de la région Pays de La Loire
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