Guillaume Peltier, député LR de Loir-et-Cher et vice-président "Les républicains", est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20. Il réagit à la grève des cheminots, mais aussi aux différents projets de réforme du gouvernement, qu'il qualifie de "réformettes".

Sur la grève à la SNCF

Au deuxième jour de la grève des cheminots de la SNCF, le député LR du Loir-et-Cher Guillaume Peltier dit vouloir "dire la vérité aux Français, d'abord en pensant aux quatre millions d'usagers qui subissent la double peine : une galère maximale pour une réforme minimale". Pour lui, l'une des questions centrales est la rémunération des dirigeants de l'entreprise publique : "Je suis très étonné que M. Pépy puisse gagner 450 000 euros par an, que Mme Parly a gagné chaque mois 52 000 euros pour une entreprise qui cumule près de 50 millions d'euros de dettes", affirme-t-il, appelant à ce que la rémunération au mérite soit appliquée aux dirigeants. "Pourquoi demander des efforts aux petits qu'on ne demande pas aux puissants ?"

Pour autant, il dit soutenir le gouvernement dans sa "réformette" liée au statut de cheminot, "mais la question n'est pas là", dit-il, assurant que la question de la dette de l'entreprise est la plus importante. "Savez-vous combien les Français paient chaque année pour la retraite des cheminots ? C'est 3,4 milliards d'euros, et ce n'est en rien abordé dans la réforme proposée par le gouvernement", dit-il, un point sur lequel il a été contredit par un auditeur. 

S'adressant aux cheminots, il leur demande donc de se battre "pour un juste combat", évoquant notamment l'Etat qui "refuse toujours de verser 800 millions d'euros aux régions pour l’entretien des lignes régionales", et demandant la mise en place d'un "autre service public", à l'image de ce qui a été fait depuis une dizaine d'années avec la Poste

Sur la question de la réforme de l'accès à l'université

Faut-il créer une sélection à l'entrée à l'université ? Pour Guillaume Peltier, cela ne fait aucun doute : "Bien entendu, puisque la sélection existe dans la vie", dit-il, dénonçant la mise en place de Parcoursup qui est selon lui "encore une illusion, on fait semblant". "Je crois que tout le temps dans la vie nous sommes sélectionnés, nous devons rencontrer dans la société des hommes et des femmes qui nous disent la vérité". 

Il appelle à "la plus grande réforme de l'école qui ait jamais été faite", affirmant que c'est en primaire que se trouve la clé : "à l'heure où nous parlons, 21% des enfants de France quittent le CM2 en ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter : tout part de là (...). _J'ai vu les dégâts considérables des fausses réformes de ces 40 dernières années_. On emmène à l'entrée à l'Université des cohortes de jeunes à qui on a fait de fausses promesses".

Sur la loi "Asile et immigration"

Pour Guillaume Peltier, ce projet de loi n'aborde pas la source du problème : "la question de la pauvreté et de la misère en Afrique". Il explique : "Qu'attend l'Europe pour engager le plus grand plan Marshall de co-développement avec les pays du sud ? Avec des contreparties, pour s'attaquer à la cause des causes des migrations, la détresse, les guerres et la misère dans les pays du Sud ?"

Il déplore aussi le fait que, selon les chiffres qu'il avance, "sur 100 demandeurs d'asile déboutés, seuls quatre sont expulsés du territoire : le droit d'asile ne peut pas exister, s'il n'y a pas une fermeté de l'Etat en face". 

Sur la réforme constitutionnelle 

Avec ironie, Guillaume Peltier raconte "souffrir tous les matins de savoir que Valéry Giscard d'Estaing et François Hollande siègent à vie au Conseil constitutionnel". Pour lui, cette réforme n'aborde pas les bonnes questions, une illustration du fait "qu'Emmanuel Macron tente quotidiennement de détourner les Français de l'essentiel"

"Je n'entends pas un seul de mes compatriotes me parler de la Cour de justice de la République, du cumul des mandats... _Si nous voulons réformer la constitution, c'est pour protéger les Français sur la question du terrorisme_, en suivant l'exemple de l'Espagne ou de la Norvège, avec une possibilité de suspendre les libertés d'individus soupçonnés de terrorisme", affirme-t-il. 

Sur des possibles alliances avec le FN ?

Alors que Thierry Mariani a été approché par Marine Le Pen pour figurer, en position éligible, sur une liste aux européennes de 2019, la position de Guillaume Peltier (et selon lui celle de tout le parti Les Républicains) est claire : "Il n'y a pas, il n'y aura pas d'accord possible avec le FN, d'autre part, tous ceux qui iront au FN seront exclu du parti". "Pour moi c'est un non-sujet", ajoute-t-il.

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Guillaume Peltier © Maxppp / Christophe Morin
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