Alors que l'Union européenne a signé un accord commercial avec le Mercosur, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et invité de France Inter jeudi matin, estime "qu'on ne peut pas faire comme avant" et que "ce n'est pas n'importe quel libre échange qui est acceptable".

"Il faut que le Parlement fasse son travail pour que les garanties dans le domaine sanitaire, écologique, soient vérifiées" estime Dominique de Villepin, ancien Premier ministre sur la signature du traité de libre échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Les pays membres de l'Union doivent en effet adopter à leur tour l'accord. Selon Dominique de Villepin, sans nier "les effets du libre échange et les réponses qu'il peut apporter aux économies les moins développées", "on ne peut pas se satisfaire de bonnes paroles et faire comme avant. Ce n'est pas n'importe quel libre échange qui est acceptable : c'est un libre échange maîtrisé, organisé".

Pour l'ancien Premier ministre, le Ceta et l'accord avec le Mercosur ne sont en l'état pas acceptables. "Nous avons changé d'époque en quelques mois, il faut donner des preuves de ce changement. (...) C'est une question de démocratie, le signal envoyé par les électeurs européens est très fort en matière environnementale". 

"On ne peut pas continuer à faire comme avant"

L'ancien Premier ministre juge que l'accord avec le Mercosur a de forte chances de voir "des obstacles très importants sur sa route" puisqu'il faut, pour qu'il soit accepté, "le vote à l'unanimité des états et le vote à la majorité qualifiée du Parlement européen". "Nous savons les conséquences du réchauffement climatique, du non respect des règles phytosanitaires, du recours aux pesticides. Ouvrons les yeux et changeons nos comportement. L'honneur de la France serait de faire en sorte d'avoir plus de temps pour un examen raisonné et raisonnable de ces textes, nous le devons à la population européenne" assène Dominique de Villepin. 

L'ancien Premier ministre estime par ailleurs que l'Europe est actuellement "passive devant l'histoire", en matière diplomatique et économique. "Nous devons prendre notre destin en main et si le macronisme est le nouveau monde, qu'il donne l'exemple" conclut-t-il. 

  • Légende du visuel principal: L'ancien premier ministre Dominique de Villepin, photographié en 2011. © Getty / Thomas SAMSON
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