Alors que l'hôpital Lariboisière, à Paris, a été touché dans la nuit de lundi à mardi par une grève surprise des urgentistes, et que des services d'urgences sont en grève depuis plusieurs semaines, Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé est l'invitée du Grand entretien.

Dans la nuit de lundi à mardi, une dizaine d'urgentistes de l'hôpital Lariboisière à Paris ont cessé le travail pour cause d'arrêt maladie, pour protester contre leurs conditions d'exercice, dans le prolongement des mouvements sociaux qui touchent actuellement les urgences en France. Un fait inédit : "La règle, c'est que quand on travaille dans le monde médical, on met un brassard mais on vient, pour ne pas mettre en danger la vie d'autrui", a rappelé ce mardi matin la ministre de la Santé Agnès Buzyn. La ministre déplore la forme de cet arrêt de travail, qui selon elle "dévoie ce qu'est un arrêt maladie". 

"Ce n'est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres. En réalité, en faisant cela, on accroît la fatigue des autres", a-t-elle indiqué. "Nous sommes totalement mobilisés pour améliorer la situation. Nous attendons les prochaines générations de médecins urgentistes qui sont en train d’être formés", promet la ministre, qui assure également que la loi Santé qu'elle défend au Sénat comportera des mesures censées améliorer les conditions RH des urgentistes et des personnels hospitaliers. 

La ministre, qui déplore le fait que les mesures pouvant être perçues comme plutôt à gauche n'aient pas assez de visibilité, dit avoir mis "beaucoup d'argent sur la table pour l'hôpital public", soit 500 millions d'euros supplémentaires, l'an dernier. Pour elle, la priorité est de "restructurer la médecine de ville", c'est-à-dire faire en sorte "qu'elle puisse prendre en charge plus de patients en amont des urgences". 

"Et il faut aussi travailler sur l'aval, sur le fait qu'on dégage plus rapidement des personnes vers des services plus conventionnels", ce qui permettra d'accueillir plus rapidement des patients aux urgences. Elle rappelle également qu'il est important de ne pas se rendre aux urgences de façon inappropriée. 

Agnès Buzyn affirme qu'elle ne peut pas "compresser le temps de formation pour les urgentistes" (qui arriveront donc dans deux ans sur le marché du travail), et qu'elle ne peut pas non plus "aller recruter des médecins à l'étranger", car le manque de personnel médical est mondial. "Il n'y a que des organisations différentes qui vont permettre de soulager les médecins hospitaliers".  

Sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, Agnès Buzyn assure qu'elle souhaite faire passer le texte le plus vite possible : "Aujourd’hui l’engagement c’est d’envoyer ce texte en juin au Conseil d'Etat, de le présenter au Conseil des ministres en juillet. Ensuite il faut l’intégrer au calendrier parlementaire. Je souhaite que cette loi passe le plus vite possible. Elle est prête", même si elle reconnaît qu'un certain nombre de textes ont été décalés. 

Enfin, sur la création du Revenu universel d’activité, elle explique : "Nous souhaitons rassembler toutes les aides en une seule, plus lisible, avec une automaticité dans les versements. Aujourd’hui il est hors de question de faire des économies sur les aides sociales". 

  • Légende du visuel principal: Agnès Buzyn annonce au micro de Nicolas Demorand que l'ancien Levothyrox sera disponible dans 15 jours © Radio France / capture d'écran
Les invités
L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.