Arthur Chevallier, historien, commissaire de l’exposition "Napoléon" (Halle de la Villette) et auteur de "Napoléon et le bonapartisme" (PUF), et Émilie Robbe, conservatrice en chef du Patrimoine au Musée de l’Armée, commissaire l’exposition "Napoléon n’est plus" (Musée de l’Armée), sont les invités du Grand entretien.

Les deux invités abordent le "cas Napoléon" et tous les reproches qu'on lui fait aujourd'hui, tout en commémorant le bicentenaire de sa mort. Pour Émilie Robbe, "commémorer n’est pas célébrer, c’est se souvenir. Il s’agit de regarder qui on est maintenant pour savoir ce que l’on va devenir."

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L'historien Arthur Chevallier estime qu'en intervenant dans la commémoration de Napoléon, Emmanuel Macron "veut une intervention d’en haut, sur notre identité , notre patrimoine commun". "Pour la première fois il veut se saisir d’un sujet culturel, l’histoire de France" précise-t-il, car "il s’agit aussi de regarder ce qu’on était hier, et c’est très éloigné de ce qu’on a envie d’être aujourd’hui."

Napoléon peut être un point de rencontre de "beaucoup de discours", alors que "nous sommes dans une droitisation de la société française".

Suivant le parcours historique de l'empereur, il rappelle que le mouvement impérialiste était celui de toutes les sociétés occidentales de la fin du 18e siècle. 

Sur le recul des droits pour les femmes depuis la Révolution française, Arthur Chevallier,  rappelle que les droits acquis en 1789, étaient déjà perdus en 1795 avant que Napoléon arrive au pouvoir : "Napoléon n'a fait que cristalliser cette situation"

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Quant au rétablissement de l’esclavage "c'est une faute morale, bien sûr, pas d’ambiguïté là-dessus. Aucun historien sérieux ne nie sa responsabilité dans ce fait" précise l'historien. Il rappelle que "les esclaves ne l'étaient pas parce qu'ils étaient noirs". 

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L'esclavage avait été aboli après la Révolution française en 1794 et "quand on a aboli l’esclavage on était les premiers à le faire", rappelle Arthur Chevallier. "Il était plutôt au courant qu’il commettait une forme de transgression morale, il le savait".

Les guerres napoléoniennes ont fait 1 million de mort, et Napoléon a pu être qualifier de "boucher". Mais Émilie Robbe, conservatrice en chef du Patrimoine au Musée de l’Armée rappelle que les guerres européennes ont  commencé en 1793 et non avec Napoléon. "Aujourd’hui nous n’avons plus les mêmes raisons de justifier les guerres et nos propres massacres. On reproche à Napoléon 1 million de morts, mais il était complètement coincé. Il est arrivé au pouvoir par la force et par sa légitimité militaire. Il s'est rendu compte que c’était le seul moyen de se faire accepter par les dignitaires des autres pays. Depuis on a eu plusieurs dizaines de millions de morts, et c’est après la seconde guerre que la notion de “boucher de l’Europe” est devenue plus importante"

En l'occurrence, les deux invités insistent sur le caractère défensif des guerres napoléoniennes, même s'il y a eu "des excès". 

  • Légende du visuel principal: Statue de Napoléon à Ajaccio © AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
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