Gilets jaunes, loi mobilité, fermetures de lignes ferroviaires, réforme du permis de conduire... Élisabeth Borne, ministre chargée des Transports est l'invitée du grand entretien à 8h20.

Pour la ministre des Transports, la mobilité est une question centrale et délicate, on l'a vu ces dernières semaines avec le mouvement des gilets jaunes. Elle estime que l'enjeu, "c'est de sortir d'une France à deux vitesses, dans laquelle on inaugure des TGV pour les métropoles, et où les routes et les réseaux ferrés se dégradent. Dans toute une partie du pays, il n'y a pas de solution alternative à la voiture. Il faut répondre à ce qui crée un sentiment d'injustice."

Cela passe par exemple par une extension envisageable des aides : pour changer de véhicule, par exemple, mais aussi pour les transports quotidiens. "Les Français attendent un accompagnement individuel. Il y a une forme d'injustice : quand vous êtes dans une grande ville, vous avez des transports en commun et votre employeur finance 50 % de votre abonnement. Il y a une double peine quand vous n'habitez pas dans une grande ville, non seulement vous n'avez pas d'autre choix que la voiture, mais en plus votre employeur ne vous aide pas. On a engagé des discussions avec les représentants des employeurs, je pense qu'il faudra aller vers une systématisation de l'aide."

En tout cas, pas question sur la taxe carbone, qui avait mis le feu aux poudres en novembre dernier, de "reprendre la trajectoire comme si rien ne s'était passé". "On a à la fois des Français qui nous disent qu'on n'en fait pas assez pour le climat, d'autres qui nous disent que nous allons beaucoup trop vite. On ne peut pas reprendre ce qui était prévu avant. Il faut qu'on fasse en sorte que personne ne soit laissé sur le bord de la route et ce que chacun puisse bénéficier d'un accompagnement si on doit avoir une augmentation de la fiscalité carbone."

Cela passe selon elle par "aider à changer de véhicule, simplifier et amplifier la prime à la conversion", mais aussi "aller plus vite pour proposer d'autres solutions que la voiture".

Notamment le ferroviaire, malmené ces derniers mois avec de nombreuses annonces de fermetures de "petites lignes" : "Ces lignes qui desservent finement le territoire sont devenues un symbole du sentiment d'abandon qu'une partie de nos citoyens peuvent avoir. On doit sortir de cette logique : il faut qu'on soit capables d'investir dans le réseau ferré, de le remettre en état, et qu'on ne laisse pas des gens sans solution."

  • Légende du visuel principal: Elisabeth Borne © AFP
Les invités
  • Elisabeth BorneMinistre auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports.
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