Pierre Nora, historien et éditeur, membre de l'Académie française, auteur de "Jeunesse" (Gallimard), est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Dans ce livre Pierre Nora raconte sa jeunesse pendant la guerre, où sa famille a tenté sans succès de fuir aux États-Unis. "C’est un livre que je portais depuis longtemps, que je me reprochais de ne pas avoir couché sur le papier. C’est un roman d’apprentissage, et il était inévitable que je parle de mes premières amours. C’est mon père qui m’a dit “sans doute t’as rien fait comme les autres”." À son âge, 90 ans, Pierre Nora estime "qu'il est temps de commencer ma carrière littéraire". 

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"Il faut affronter toutes les mémoires et les fractures des mémoires" 

Interroger sur les questions de commémoration ou de repentance, en particulier sur la question algérienne, il estime "qu'il n'y pas de repentance" à avoir. "Bien sûr Macron a eu raison de reconnaitre la responsabilité de la France dans l’affaire Boumendjel, comme pour l’affaire Maurice Audin, il a raison de le faire, mais dans le fond de l’affaire il y a deux aspects différents. Le problème du dialogue mémoriel au plus haut niveau, qui va entrer dans une période d'effervescence, car on va vers l'anniversaire du 19 mars 1962, la signature des accords d'Évian, qui ne pourra pas ne pas être commémoré, en pleine bataille électorale pour la présidentielle. Le deuxième aspect, c'est celui de la réconciliation des mémoires françaises, contradictoires"

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L'historien rappelle que le  25 septembre prochain, ce sera la journée des Harkis, que "Macron a promis de présider il me semble", dit Pierre Nora, et "c’est une énorme affaire. Il faut affronter toutes les mémoires et les fractures des mémoires. Cela a été un fait un phénomène passionnel intra national, car l’Algérie était à la fois la France et une colonie."

"Oui à Bonaparte non à Napoléon"

Faut-il commémorer le bicentenaire de Napoléon, et la Commune de Paris ? "Oui Napoléon, non la Commune" répond Pierre Nora. "La polémique est ridicule" autour de Napoléon, estime-t-il, "elle l’était déjà au moment des commémorations supprimées d’Austerlitz". 

Napoléon "a une dimension tellement historique, qui a eu sur l'Europe une conséquence si positive, il a apporté la révolution dans les pays qu’il a conquis, il est l’héritier fondateur des institutions révolutionnaires".  Nora reconnait qu'il y a une face sombre, "il a eu tord à partir de 1806 de lancer la France dans la guerre, mais il y a une grande différence entre Bonaparte et Napoléon. Oui à Bonaparte non à Napoléon".  

Quant à la Commune, elle n’a pas la même portée selon Pierre Nora, qui considère qu'elle a perdu sa portée subversive quand Georges Pompidou est venu s'incliner devant le murs des fédérés en 1971. "Le fondé de pouvoir de la banque Rotschild qui venait mettre pied à terre devant les bords de la Commune ça voulait dire que la mémoire ouvrière était morte dans son inspiration révolutionnaire, elle ne faisait plus peur."

  • Légende du visuel principal: Pierre Nora © Maxppp / Thomas Padilla
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  • Pierre NoraHistorien, éditeur, membre de l'Académie française
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