Didier Fusillier, directeur artistique de la Nuit Blanche à Paris et président du parc et de la Grande Halle de la Villette est l'invité de Grand Entretien de la matinale avec Nicolas Demorand.

L’idée de base de la Nuit blanche, créée il y a 18 ans, par Christophe Girard, alors maire adjoint chargé de la culture, et l’ex-maire Bertrand Delanoë, était “pour une nuit, on ouvre toutes les portes et des artistes créent des œuvres seulement pour une nuit, des oeuvres que nous n’aurons pas la possibilité de revoir ailleurs à un autre moment”, raconte Didier Fusillier, directeur artistique de cette 18e édition. 

“On est dans des lieux patrimoniaux et il se passe des choses intimes pour vous qui vous renvoie à votre propre culture".

De samedi soir à dimanche matin, pour cette édition de la Nuit Blanche, le boulevard périphérique parisien sera fermé aux voitures en partie pour laisser la place aux mobilités douces, entre la porte des Lilas et la porte de la Villette. “Nous avons imaginé une grande Nuit blanche en mouvement, pour éviter les grandes files d’attente. L’idée c’est de faire un vélodrome : vous arrivez avec votre vélo, on vous prête des ampoules led et des diodes et vous pourrez circuler. Les piétons pourront venir  déambuler également. On leur prêtera des casques pour écouter de la musique”, explique Didier Fusillier, qui prône l'idée de fête populaire : “Il y a de moins en moins de fête. Or les liens qui nous unissent apparaissent souvent dans les fêtes. Ces fêtes que nous proposons vont passer avec une image fugitive, avec une oeuvre d’art qui va trouver sa place dans la rue.

Autre concept de la Nuit Blanche : de la place de la Concorde à “la mythique Place de la Bastille, une vingtaine de chars de parade réalisés par de grands artistes comme Daniel Buren vont circuler. Comme une sorte de bateau mouche mais sur la rue”. 

Je viens du Nord de la France, j’ai été pétri par des événements où tout le monde se mêle, où tout le monde prend sa part. Une parade ça réunit tous les gens au même niveau", explique-t-il, ajoutant l'exemple de “la grande traversée”, une course au cours de laquelle "20 000 personnes qui traverseront des musées comme le Louvre, ce sera de l’ordre de l’éblouissement“. 

Une vingtaine de Micro-Folies numériques déjà ouvertes

Le ministère de la Culture a en projet l’ouverture de 1000 “Micro-Folies” d’ici 2022. Il en existe déjà une vingtaine dans des communes qui n’ont pas de musée. "Ce sont des micro-musées où les images de chefs-d'oeuvre appartenant à de grands musées français sont projetées. C’est une maison de la Culture là où il n’y en a pas. L’idée est de créer un grand réseau de lieux culturels", explique Didier Fusillier, chargé de ce projet en tant que président de l'établissement public culturelle de La Villette. 

Nous voulons créer un choc, permettre à tous et surtout aux jeunes de se rendre dans un établissement permettant un contact numérique avec les grandes œuvres d’art, que ce soit du Louvre, du musée Picasso, de Versailles etc. Certains ne sont jamais allés au musée de leur vie. Les enfants qui n’ont jamais vu la Joconde sont déjà fascinés lorsqu’ils voient son image”, ajoute-t-il  

“La culture c’est aussi une forme de guérilla, dans cette période où tout est compliqué"

Invité à commenter l'installation du “bouquet de tulipes” de Jeff Koons, sculpture offerte à Paris qui devait être installée au Trocadero et qui sera finalement inaugurée près du Grand Palais, il reconnait "qu'elle a eu du mal à trouver sa place" mais affirme que “c’est un artiste dont la pensée est forte et puissante

Interrogé aussi sur une toile du street artist Banksy représentant le Parlement britannique peuplé de singes, qui a été adjugée 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) jeudi soir à Londres, un record pour une oeuvre de cet artiste, il explique comprendre que l'on puisse regretter cette somme astronomique, mais déclare aussi que "Banksy est un personnage très intense. On est en train de discuter pour faire une expo de lui à la Villette, on ne le connait pas, mais si on y parvient, le public va découvrir un artiste qui parle de nous, de nous maintenant".

  • Légende du visuel principal: Didier Fusillier © AFP / JOËL SAGET
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