Pascal Bruckner, romancier et essayiste, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

À propos de son dernier ouvrage "Une brève éternité - Philosophie de la longévité" (Grasset), Pascal Bruckner explique : "C’est un vieux projet repoussé pour des questions de superstition, j’ai voulu bousculer un lieu commun, qui assimile les âges au-delà de 50 ans aux amoindrissement de l’existence".

"Le miracle de notre époque", poursuit-il, c'est que "nous avons réussi à repousser la vieillesse au plus loin."

Faut-il endosser le costume de la vieillesse pour réussir? Pascal Bruckner réagit sur cette "inversion des valeurs de la société" : "Le mot 'adulte' n’a plus de sens, on l’utilise pour les films (...) Pour nous, la jeunesse est l’âge de l’intelligence, du génie, du rebondissement, nous la prolongeons au-delà des limites autorisées, on ne veut pas avoir l’air d’un croulant (...) cet été, je n’ai jamais vu autant d’hommes âgés en short, il ne faut surtout pas avoir l’air de faire son âge".

Comment vivre la retraite?  

"La science nous accorde un sursis. Il n’a été pensé ni par les politiques ou les philosophes parce qu’il est nouveau. Mais qu’allons nous faire de ces 20 ans de vie supplémentaires?" se questionne l'écrivain qui pousse la réflexion sur les retraités : "C’est un risque d’arrêt brutal de toutes les activités. Le travail, c’est aussi le lien avec les autres, s’engager dans un certain nombre de relations (...) Si on considère que c’est le moment ou va cesser de s’engager dans le monde, c’est très dangereux."

"Il ne faut pas que les gens s’installent dans une salle de repos éternel 30 ans avant leur disparition"

Sur les 'gilets jaunes', il estime qu'il s'agissait "souvent des gens âgés , aux tempes grises, qui, plutôt que de s’abrutir devant la télé, ont décidé de se retrouver à discuter entre eux pour refaire le monde".

Sur l'amour après 50 ans, et le fait qu'il est difficile de vieillir pour une femme, Pascal Bruckner estime que : "Symboliquement, le couple présidentiel a brisé un tabou, c’est là la vraie nouveauté de ce quinquennat".

Sur la beauté des femmes de 50 ans : "Pour moi, une femme de 50 ans est jeune, il ne faut pas se pousser du col, il faut rester délicat dans le domaine amoureux, surtout quand on est pas un Apollon".

"Greta Thunberg, un perroquet"

L'écrivain a eu -et maintient- des mots très durs à l'égard de Greta Thunberg, icône du combat contre le réchauffement climatique. Il y revient : "Le cas Greta Thunberg est le symptôme d’inversion des générations, elle ne fait que reproduire des mots qu’on lui a mis dans bouche, c’est un perroquet (...) mais bonne nouvelle, elle a souri lors de son arrivée à New-York (...) D’autres jeunes se lèveront, qui n’ont pas [sa] dramaturgie."

L'écrivain a également rappelé son soutien à une autre personnalité qui soulève les polémiques, le cinéaste Roman Polanski [à qui Bruckner a demandé, dans le dossier de presse de son dernier film "J'accuse" : "En tant que juif pourchassé pendant la guerre, que cinéaste persécuté par les staliniens en Pologne, survivrez-vous au maccarthysme néoféministe d’aujourd’hui ?"]. 

  • Légende du visuel principal: Pascal Bruckner © Radio France /
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