Le Pr Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique est l'invité du grand entretien d'Ali Baddou à 8h20.

Pour le Pr Jean-François Delfraissy, "on peut dire que raisonnablement l’épidémie est contrôlée, le virus continue à circuler, notamment dans certains régions, il circule à une petite vitesse. On avait 80 000 nouveaux cas par jour, maintenant on a 1000 cas à peu près". 

Le comité scientifique qu'il préside table sur 4 scénarios possibles. Pour les semaines à venir, il table sur le scénario 1 d’un contrôle de l’épidémie, "c'est le plus probable". 

Il rappelle que l’ensemble des grandes pandémies, 8 sur 10 régressent dans l’été et 5 sur 10 repartent à l’automne. 

"Premier point", dit-il "il faut demander à tout le monde de conserver des mesures, on ne va pas passer du noir au blanc. On va continuer d’ouvrir à partir du 22 juin. Il faut que la vie reprenne, mais il faut conserver les mesures de distanciation.. assez longtemps, avec le port du masque en zone publique et dans les transports, ainsi que le lavage des mains qui vont devenir des pratiques habituelles". 

On se relâche un peu c’est humain, le tout et qu’on ne se relâche pas trop.  Maintenant les soignants c’est vous, vous êtes vos propres soignants. 

Le Pr Jean-François Delfraissy souhaite que les autorités administratives et sanitaires travaillent sur la préparation d'un scénario 3 :

"Ce scénario, c’est qu’on voit après quelques semaines des marqueurs qui ne vont pas très bien. Des réanimations, et des malades plus importants, et là , tout ceci doit être préparé, pour qu’on en se retrouve pas au stade u mois de mars".  

Pour les très grandes villes, et la région parisienne, des mesures plus strictes pourraient être prises dans le cadre de ce 3e scénario. Paris pourrait-elle être placée sous cloche ? 

"C’est peut etre pas sous cloche, mais plus de télétravail, des conditions plus strictes dans les transports, des isolements avec leur accord des personnes les plus à risques.  Maintenant avec cette maladie, on sait que les jeunes peuvent la tolérer, on peut laisser tourner le virus parmi eux, et puis prendre des mesures pour les plus âgés, les plus fragiles  qui ont un risque de forme grave". 

"Il faut que la société civile construise elle-même ce qu’elle va pouvoir faire en cas de reprise de l’épidémie".

Interrogé sur les doutes, et la polémique, sur la chloroquine, le Pr Jean-François Delfraissy estime que "le comité scientifique n'a pas pris une position pour ou contre sur l'hydroxychloroquine. Ce que j'attends, c'est finalement, à partir d'un concept, qu'on retrouve (ou pas) des résultats positifs. Des essais sont en cours."

  • Légende du visuel principal: Jean-François Delfraissy © Radio France / Anne Audigier
Les invités
  • Patrick ARTUSdirecteur de la recherche et des études économiques de Natixis
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